《ọlá》est un mot Yorùbá que nous traduisons généralement en français par le mot 《Richesse》à défaut de mot français plus approprié pour traduire ce concept. Le problème, cependant, est que le mot 《ọlá》 dans les noms yorùbá ne signifie pas tous la même chose. Dans le cas de "Kọ́láwọlé", je peux fournir une interprétation brève comme "(Celui qui) apporte la richesse dans la maison" mais cela ne dit pas tout ce que le nom incarne. Dans tous les cas, le mot《ọlá》exprime dans les noms est plus que la richesse nominale. C'est un mot qui mêle joie, abondance,grâce, honneur, dignité, c'est la noblesse.
L’association "ọmọ Yorùbà" à pour but de faire rayonner le patrimoine culturelle yorùbà. Son objectif général est de faire connaître toute la richesse et l’immensité de la culture de nos ancêtres, à leurs descendants, et aux Béninois en général, à travers différents évènements culturels.Traditions, Vie du quotidien, Artisanat , Religions,Evenements Affaires au Benin et dans le monde : un peu de tout. Bonne visite !
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vendredi 24 janvier 2020
mercredi 12 décembre 2018
Disney développe son premier film de conte Yoruba
Disney développe son premier film de conte de fées dirigé par des africains étoilé par shadé, une princesse yoruba .
Oui Lorsqu’on pense aux princesses de Disney , Belle, Jasmine, Ariel, Rapunzel, Cendrillon et bien d’autres nous viennent spontanément à l’esprit. Toutes ces princesses que nous avons vues grandir étaient formidables et magiques, cependant, nous n’avons jamais eu de princesse en laquelle les petites filles africaines pouvaient s’identifier.
Eh bien, grâce au succès de la Black Panther de Marvel , Hollywood va régler ce problème, car Disney a acquis un pitch pour un film de conte de fées sur une princesse africaine, Shadé
D’après le synopsis publié par Deadline Shadé est :
« Une jeune fille africaine qui, lorsque son royaume est menacé par une force maléfique mystérieuse, accepte ses pouvoirs magiques de guerrière nouvellement découverts pour se protéger et protéger son peuple.
Avec l’aide du prince du royaume, Shadé se lance dans une aventure qui lui permettra d’embrasser ce qui la rend spéciale et de sauver le royaume. « Le film sera écrit par le scénariste Ola Shokunbi et produit par le réalisateur de Dope , Rick Famuyiwa . On a hâte d’en savoir plus! .
Facebook : Omo Yoruba
vendredi 5 janvier 2018
Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo
Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo
La dense forêt sacrée d’Osun, à la périphérie de la ville d’Oshogbo, est l’une des dernières zones de la forêt primaire qui subsiste au sud du Nigéria. Elle est considérée comme la demeure d’Osun, une des divinités du panthéon yoruba. La forêt, sillonnée par la rivière Osun, abrite des sanctuaires, des sculptures et des œuvres d’art érigés en l’honneur d’Osun et d’autres divinités yorubas. La forêt, désormais considérée par tout le peuple yoruba comme un symbole identitaire, est probablement la dernière forêt sacrée de la culture yoruba. Elle témoigne de la coutume, jadis très répandue, qui consistait à établir des lieux sacrés loin de toute habitation humaine.
Brève synthèse
Il y a un siècle, les bois sacrés abondaient sur les terres des Yorubas : chaque ville avait le sien. À l’heure actuelle, la plupart sont délaissés, ou leur superficie a beaucoup diminué. Mais à 250 kilomètres de Lagos, au cœur d’Oshogbo, capitale de l’État d’Osun fondé il y a quatre siècles dans le sud-ouest du Nigéria, la plus grande forêt sacrée qui ait survécu au passage du temps, Osun-Oshogbo, est encore vénérée de nos jours.
Dense, la Forêt sacrée d’Osun est l’une des dernières futaies primaires qui subsistent dans le sud du Nigéria. En son cœur sinuent les méandres de l’Osun, la rivière qui porte le nom de la divinité des cours d’eau, dont elle est la demeure spirituelle. Sous la frondaison, 40 sanctuaires, sculptures et œuvres d’art ont été érigés en l’honneur d’Osun et d’autres divinités yorubas, pour nombre d’entre eux au cours des quatre dernières décennies : on recense deux palais, cinq lieux saints et neuf lieux de culte disposés tout au long des rives de l’Osun, tous avec leurs prêtres ou prêtresses attitrés.
Les nouveaux ouvrages d’art installés dans la Forêt d’Oshogbo en sont la marque distinctive : elle est la seule à abriter une forte proportion de sculptures du XXe siècle, érigées pour renforcer les liens entre les hommes et le panthéon yoruba et témoigner de la manière dont les villes yorubas ont été édifiées et se sont développées au contact des esprits de la forêt.
La restauration de la Forêt par des artistes lui a conféré un regain d’importance : elle est devenue sacrée pour tous les Yorubas qui vivent au Nigéria, et un symbole de son identité pour la diaspora yoruba.
La Forêt est un site religieux dynamique, où le culte est exercé au gré de célébrations quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles, selon le cas. En outre, chaque année, durant 12 jours de juillet et d’août, des processions festives s’y déroulent, qui renouent les liens mystiques entre la déesse et la population d’Oshogbo, assurant la préservation des traditions culturelles vivantes des Yorubas.
La Forêt est aussi un herbier naturel où sont présentes plus de 400 espèces de plantes, parmi lesquelles des variétés locales, dont plus de 200 possèdent des propriétés médicinales.
Critère (ii) : Le développement du mouvement du Nouvel Art sacré et l’intégration de Suzanne Wenger, artiste autrichienne, à la communauté yoruba, ont constitué un terrain fécond pour les échanges d’idées, qui ont revitalisé la Forêt sacrée d’Osun.
Critère (iii) : La Forêt sacrée d’Osun donne l’aperçu le plus complet – et c’est peut-être aussi le seul qui subsiste – d’un phénomène jadis généralisé, qui était caractéristique de chaque établissement humain des Yorubas. Elle est aujourd’hui l’emblème des forêts sacrées yorubas et une illustration de l’appréhension de l’univers par ce peuple.
Critère (vi) : La forêt d’Osun est l’expression tangible de la manière dont les Yorubas avaient systématisé leur perception du divin et de l’universel; le festival qui s’y tient chaque année est la traduction de la croyance yoruba en ce lien qui unit le peuple, son souverain et la déesse Osun. C’est une tradition vivante, florissante et toujours en évolution.
Intégrité
Le site englobe la presque totalité de la Forêt sacrée et on peut considérer qu’il a été entièrement restauré au cours des 40 ans qui ont précédé son inscription sur la Liste. Certaines des sculptures récentes pâtissent d’une absence d’entretien régulier; compte tenu des matériaux dont elles sont constituées (ciment, fer et boue), des problèmes de conservation sont à craindre, qui pourraient se révéler difficiles et coûteux à régler.
La Forêt est également vulnérable au trop grand nombre de visiteurs et aux pressions qu’ils exercent, susceptibles de fragiliser l’équilibre entre la configuration naturelle et la population, nécessaire pour préserver au site ses qualités spirituelles.
Authenticité
L’authenticité de la forêt est attestée par sa valeur en tant que lieu saint. Mais le caractère sacré d’un endroit ne peut être continuellement réaffirmé que s’il est respecté par tous et, de fait, les nouvelles sculptures apparues dans la forêt au fil des 40 dernières années ont eu pour conséquence la consolidation de ses vertus spécifiques et la renaissance des qualités spirituelles qui lui confèrent toute sa valeur culturelle.
Mais ces nouvelles œuvres s’inscrivent dans une longue tradition, encore vivace, de sculptures qui donnent à voir la conception que les Yorubas ont de l’univers. Bien que leur modelé traduise une rupture stylistique, elles n’ont pas été créées pour glorifier les artistes qui en sont les auteurs mais plutôt, de par leur taille gigantesque et leurs formes intimidantes, pour réaffirmer le caractère sacré de la forêt. Ces nouvelles sculptures ont atteint leur but et la Forêt, en tant que lieu sacré pour les Yorubas, revêt désormais une signification qui n’est plus seulement locale, mais de portée plus vaste.
Eléments requis en matière de protection et de gestion
C’est en 1965 que la Forêt a été déclarée monument national. Cette désignation initiale a été modifiée et étendue en 1992 pour que soit assurée la protection de la totalité de ses 75 hectares. La Politique culturelle nigériane de 1988 dispose que « l’État doit préserver comme des monuments les anciens remparts et portes, sites, palais, sanctuaires et bâtiments publics, et promouvoir les bâtiments d’importance historique et les sculptures monumentales ». Dans le Land Use Act de 1990, le Gouvernement fédéral du Nigeria a placé la Forêt sous tutelle administrative du Gouvernement de l’État d’Osun.
Un plan de gestion élaboré a été adopté par l’ensemble des parties prenantes, qui couvrait la période 2004-2009, et le site bénéficie aujourd’hui d’un système de gestion participatif. Le Gouvernement fédéral administre le site par l’entremise d’un responsable de la Commission nationale des musées et des monuments, aux termes du décret 77 de 1979. Le Gouvernement de l’État d’Osun contribue à parts égales à la protection et à la gestion du site par le truchement des gouvernements locaux, ministères et entités para-étatiques placés sous son autorité, qu’il a habilités à gérer les monuments situés sur le territoire relevant de sa compétence.
C’est à l’Ataoja (roi) et à son Conseil du patrimoine culturel d’Oshogbo qu’il revient de s’acquitter des responsabilités traditionnelles et des rites culturels de la communauté. Pour protéger le site contre toutes sortes de menaces, les lois, les mythes, les tabous et les coutumes séculaires qui interdisent la pêche, la chasse, la contrebande, l’abattage des arbres et l’agriculture sont invoqués sans relâche.
Les fidèles qui exercent les cultes traditionnels avec ferveur préservent le patrimoine immatériel par leur spiritualité, leur dévotion et l’usage qu’ils font des symboles. De leur côté, les membres du comité de gestion – responsables représentatifs de l’ensemble des parties prenantes – exécutent des politiques, mesures et activités propres à assurer le développement durable du site.
La Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo est également incluse dans le Plan directeur pour le développement du tourisme national, conçu avec l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le festival annuel d’Osun-Oshogbo devra être mieux géré, de sorte que pendant son déroulement, le site ne subisse plus les incidences négatives du tourisme.
La Forêt servira de modèle pour la préservation du patrimoine africain : en effet, il ne s’agit pas de sauvegarder les valeurs matérielles et immatérielles d’un seul groupe de population – celle d’Oshogbo – mais celles de tous les Yorubas. Source de fierté pour eux, la Forêt restera un élément vivant et florissant du patrimoine national, grâce aux ouvrages traditionnels distinctifs qu’elle abrite, mais aussi parce qu’elle est le lieu d’une transmission fidèle des fondements de la religion traditionnelle et des systèmes de savoirs autochtones aux Africains de la diaspora.
vendredi 6 octobre 2017
LES DIFFERENTES PARTIES DU CORPS HUMAIN EN YORUBA
LE CORPS HUMAIN
artère ìṣọ̀n-àlọ
barbe irùngbọ̀n
bouche ẹnu
bras apá
cerveau ọpọlọ
cheveu irun
cheville ọrùn-ẹsẹ̀
cil irun-ìpénpéjú, irun bèbè-ojú
coeur ọkàn
colonne vertébrale ọ̀pá-ẹ̀hìn
corps ara
côte ìhà
cou ọrùn
coude ìgopá, ìgunpá
crâne agbárí
cuisse itan
dent ehín
doigt ìka ọwọ́
dos ẹ̀hìn
épaule èjiká
estomac inú, ikù
fesse ìdí
foie ẹ̀dọ̀, ẹ̀dọ̀kí
front ìpọ̀njú
genou orúnkún, eékún
gorge ọ̀fun
hanche ìbàdí
intestin ìfun onjẹ
jambe irè
joue ẹ̀rẹ̀kẹ́
langue ahọ́n
larme omije
lèvre ètè
mâchoire eegun àgbọ̀n
main ọwọ́
menton àgbọ̀n
moustache irun ètè, irun imú
muscle iṣan
narine ihò imú
nerf ẹ̀sọ
nez imú
nombril idodo
nuque ẹ̀hìn ọrùn, ẹ̀hín-rùn
oeil ojú, ẹyinjú
ongle èékán ọwọ́
oreille etí
orteil ìka ẹsẹ̀
os eegun
paupière ìpénpéjú, bèbè-ojú
peau ìwọ̀, ìwọ̀ ara
pied ẹsẹ̀
poignet ọrùn ọwọ́
poing ẹ̀ṣẹ́
poitrine àyà
pouce àtà-npàkò
pouls ìsọ, ìsọ ìṣọ̀n-ara
poumon ẹ̀dọ̀fóró, ẹ̀dọ̀fúyẹ́
rein iwe
ride ìhunjọ
salive itọ́
sang ẹ̀jẹ̀
sein ọmú, ọyọ̀n
sourcil irun ojú
squelette eegun ara, àgbéró ara
sueur òógùn
talon ẹ̀hìn ẹsẹ̀
tête orí
veine ìṣàn àbọ̀
ventre inú, ikù
visage iwá-ojú
vendredi 16 juin 2017
L’INITIATION IFA POUR CONNAITRE SON AVENIR AU BENIN
La consultation du Fa destin est l’une des pratiques de l’initiation Vaudou. C’est toute la base du Vaudou. Pour entamer son chemin le postulant doit d’abord passer par le lavage du destin. Ceci revient à lui laver le karma pour qu’il puisse poursuivre sa vie sur de nouvelles bases.
Tout commence par un oracle avec le Babalawo ifa (prête ifa ). Ensuite le futur initié reçoit de lui le signe de son destin, une figure symbolique qui ressemble à un tirage de Yi Qing. C’est donc une initiation entièrement personnalisée. Après, a lieu la cérémonie du lavage du destin dans le bois sacré. Une fois toutes les scories de la vie présente et des vies passées enlevées, lavées, nettoyées par la lumière, le nouvel initié peut s’offrir une seconde chance dans la vie et accéder aux degrés supérieurs de l’initiation magique. Il y a bien sûr d’autres cérémonies rituelles liées a IFa, mais nous ne pouvons tout révéler ici car c’est une pratique secrète, comme toutes les pratiques de mystères.
Ceux qui sont passés par là ont vu leur chance considérablement augmenter dans la vie. Les erreurs passées sont effacées. Les portes s’ouvrent, les rêves et les projets se réalisent, avec toujours plus de facilité. L’initié dispose constamment d’une force pour l’aider dans toutes les situations de la vie.
Il peut ensuite soit s’en tenir à cela, ce qui est déjà beaucoup. Soit poursuivre sa voie sur le chemin des degrés supérieurs de l’initiation magique.
L’initiation a IFa a lieu au BENIN berceau du Vaudou.
Comme toutes les initiations véritablement opératives et transformatrices, l’initiation au IFa dure plusieurs jours.
Tel Whatsapp (00229) 97043894
E-mail: asso.omoyoruba@gmail.com
vendredi 28 octobre 2016
mardi 30 août 2016
CONSULTATION ET INITIATION IFA AU BENIN EN AFRIQUE
Le Fâ sissin constitue une initiation au cours de laquelle le babalawo ou le prete fa aide l'individu à connaître son destin sur tous les plan. L'initiation au Fâ sissin conduit le candidat à mourir symboliquement et à renaître en initié de façon a connaitre ses interdits comportementaux, alimentaire etc...
le Babalawo ou le prete fa se sert du Fa-oracle pour ses voyances et consultations afin d'interroger le monde des invisibles.
Contactez le babalawo ifa sérieux vivez votre vie autrement.
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Contact:
E-MAIL: asso.omoyoruba@gmail.com
vendredi 19 août 2016
mardi 12 juillet 2016
Origine des familles Yoruba de Porto-Novo
Reconnaissance et de détermination de l'origine des principales familles Yoruba de Porto-Novo à partir de leur "Oriki".
Qu'est-ce qu'un "Oriki"? Un "Oriki" ou "Oki" (forme contractée du même mot) constitue une série de phrases adressées sous forme de salutations à un individu. L' "Oriki" se rattache essentiellement à un ancêtre mythique commun duquel est issu unilinéairement un groupe de personnes. L' "Oriki" apparaît donc comme l'attribut d'un "clan primaire".
On est logiquement tenté de penser que les tatouages, marques faciales peuvent, à l'exemple des "Oriki" constituer un critère invariable permettant de déterminer l'origine familiale ou clanique réelle des personnes qui les portent ; ainsi, on pourrait être amené à attribuer un même "Oriki" aux individus portant les mêmes marques 'faciales. Une telle démarche est parfaitement erronée. En effet, il découle de l'enquête que nous avons menée à ce sujet que l'application des tatouages chez les Yorubas n'obéit pas à des règles strictement définies ; logiquement d'après l'organisation patrilinéaire qui caractérise l'ethnie Yoruba, les descendants d'un même individu doivent porter les marques faciales de leur ancêtre commun. Mais, il n'en est pas ainsi, pour plusieurs raisons. En effet, à la naissance d'un enfant, il est de coutume que les parents consultent le "lfa" pour connaître l'ancêtre (personne disparue ou encore en vie) qu'incarne le nouveau venu.
L'enfant portera donc les marques faciales de cet ancêtre quand bien même ce dernier n'appartient pas à la famille paternelle du nouveau-né.
Par ailleurs, l'esclave et ses descendants portent les marques faciales de la famille de leur "propriétaire" ; de même, il arrive qu'une personne appose les tatouages de sa famille sur les joues du descendant d'un ami avec l'accord de ce dernier. Et cette dernière entorse à la règle générale, compte tenu de l'organisation patrilinéaire dans l'ethnie Yoruba peut se perpétuer dans les générations futures.
En général, un individu peut avoir plusieurs "Oriki" ; cela tient au fait que l'"Oriki" varie suivant la nature des liens de parenté existant entre la personne qui adresse les salutations et l'individu à l'intention duquel l'"Oriki" est prononcé. Ainsi, une mère s'adressant à son enfant utilise, les termes de l'"Oriki" à sa famille à elle. De même le père et toutes personnes du lignage paternel se servent de l'"Oriki" de leur lignage pour adresser des salutations au même enfant. Dans le cadre de cette enquête, nous avons retenu seulement les "Oriki" propres au lignage" paternel.
Après cette tentative de définition de l'"Oriki" et de ses principales caractéristiques, nous allons aborder un autre aspect de ce problème qui a trait à l'origine des Yoruba.
En général, on sait que les Yoruba, descendants du légendaire personnage dénommé "Oduduwa", sont originaires du Nigeria. Mais à notre grande surprise, nous avons constaté que beaucoup de personnes de cette ethnie installée au Dahomey notamment les familles Yoruba de Porto-Novo ignorent elles-mêmes la localité du Nigeria d'où sont venus Ieurs ancêtres. On a souvent prétendu que la plupart des Yoruba sont venus d'Oyô, d'où le nom d' "Oyônou" communément attribué aux Yoruba de Porto-Novo. L'examen du contenu des "Oriki" des principales familles Yoruba de cette ville apporte un démenti catégorique à cette idée.
Signalons tout d'abord que le contenu d'un "Oriki" se rattache à une entité bien définie, caractéristique d'un "clan primaire" appelé "Onilê" ou "Orilê". C'est à travers cet attribut que l'on détermine l'origine réelle des individus dont elle constitue un élément commun. Nous avons pu recenser au cours de notre enquête plus d'une trentaine d' "Onilê" dont quelques-uns ne se trouvent pas représentés parmi les familles Yoruba de Porto-Novo.
Comment sont distribués ses principaux "Orilê" parmi les grandes familles Yoruba de Porto-Novo ?
Notons que deux "Orilê" de loin les plus importants couvrent un grand nombre de familles Yoruba à Porto-Novo ; ce sont : Layibadé communément connu sous l'appellation de Mapo-Moji et Majo-Majô, supposés être des Êgba.
1. LAYIBADE
Traditionnellement, les "Layibadé" ou Mapo-Moji sont considérés comme les premiers Yoruba installés à Porto-Novo. Ils portent en principe six cicatrices faciales dont trois horizontales et trois, verticales ou huit horizontales. Mais toutes Ies variations qu'on peut noter ne résultent d'aucune règle stricte. La pratique des cicatrices faciales a été d'ailleurs abandonnée par les Mapo-Moji et la plupart des Yoruba depuis fort longtemps, bien avant l'institution de la nouvelle réglementation interdisant cette coutume.
Les ancêtres des Mapo-Moji sont Agbanrin et Aké qui, selon certaines sources ne sont pas frères. Ils sont originaires de Ipapo (banlieue d'Oyô).
Agbanrin et Aké seraient venus à Porto-Novo, à la même époque que les nommés Afanja, Boro (ômô ôba) et Olalêmi (ôgô ômô ôba) en vue de rendre visite à la première personne d'ethnie Yoruba installée au Dahomey la nommée Abêsan, une prêtresse esclave ayant "échoué" à Porto-Novo par la guerre. Abêsan, à la suite de couches mystérieuses aurait donné naissance le même jour à neuf enfants dont quatre garçons et cinq filles.
A son arrivée à Porto-Novo, elle fut installée à l'emplacement que l'on reconnaît être l'actuel quartier de Okôrô où coule aujourd'hui un marigot, dédié à la mémoire de cette première Yoruba installée à Ajashê…
De nos jours, les Layibade ou Mapo-Moji se répartissent dans trois quartiers presque contigus : Fièkomè où se trouvent les descendants d'Agbanrin, Lokossa et Adomey qu'occupent ceux d'Aké. A leur arrivée à "Hôgbonoù" Agbanrin et Aké, s'étaient installés à Fièkomey. Au cours du voyage qu'il effectuait à Porto-Novo en compagnie d'Agbanrin, Aké eut un fils nommé Adétôna qui plus tard devait élire résidence à Lokossa où naquit de lui, le nommé lbikunlé. Après la naissance de ce dernier, Adétôna vint à nouveau se fixer à Adomey où il eut un autre enfant nommé Laguidé.
On retrouve également à Adomey, aujourd'hui, les descendants de Adégbitê, jeune frère de Oluwo et parent de Adétôna. Ceux-ci se rattachent également au lignage des Mapo-Moji. Enfin, notons qu'un foyer de Mapo Moji se trouve localisé au quartier Gbassou-Komè (Ita-Koto) ; ce sont les descendants de Adéchina (Oshé leni bi Ojo) qui à la suite de discordes avec ses neveux quitta Adomey pour s'installer à Wêzounmè. Il devient plus tard l'Oluwo. Très riche, il acheta beaucoup d'esclaves qui aujourd'hui, sont considérés dans certains milieux comme des Mapo-Moji.
2. MAJO-MAJO (ÉGBA)
Le deuxième "Orilê" également de loin de plus répandu dans les familles Yoruba de Porto-Novo est celui des Majo-Majô,, qui selon certaines sources autorisées serait "Êgba", originaire d'Abêokuta. Le foyer initial des Majo est au quartier Fila et s'est étendu à la famille Badarou Pèlè. Aujourd'hui, on regroupe sous cet Oriki un grand nombre de familles réparties dans les quartiers suivants -: Zèbou (Zèbou-Kpota, Zèbou-Agah notamment la famille du feu El-Hadj Imorou Tidjani Adjao), le quartier Sadognon (famille Lassissi Gbadamassi, famille du feu El-Hadj Chitou),. le quartier Adomey Oké-Lokossa, (famille de Sadikou Ola Biwonnou).
3. OLOYÊ ou MAPO-OJI
Les origines de cet "Orilê" se situent à Oyô et Gbêti. La principale famille porto-novienne saluée par cet "Oriki" est celle de "Olushi" au quartier Kpota. Les "Olôyê" se retrouvent également au quartier Ayéôba (Okélana), au quartier Oja Êru, à Agbokomey, la famille Baba Shango de Zèbou-Massè relève également de cet "Orilê".
Mais il y a litige en ce qui concerne l'attribution de l' "Oriki" de Olôyê à la famille Olalêyê Agbantou. En effet, certaines sources affirment que, le feu Olalêyê Agbantou dont l'"Oju Ori" c'est-à-dire le principal foyer originel à Porto-Novo se situe au quartier Tôgo (Kaêchin), devrait être rattaché au lignage de "Olôfa". Une discussion reste ouverte sur ce point.
4. OMO OBA OYÔ
Cet "Orilê" également appelé Omô Gboluwadje a pour principaux représentants à Porto-Novo les familles Paraïso, Balley et Damala, Imam Adjilèyè apparenté à la famille Bouraïma du quartier Hassou.
Les descendants des grandes familles porto-noviennes se rattachant à cet "Onilê" sont les nommés Afanja, l'un des premiers Yoruba venus au Dahomey ,environ à la même époque que Agbanrin (Olayibade), Boro et Olalemi.
5. OLOJÊ
La famille de Akanni Agbo du quartier Fila est unanimement reconnue comme la principale souche "Olôjê" à laquelle se rattache la famille parente du quartier Oja Êru (famille de Latif Titus).
La tradition attribue également, sans les y rattacher, l' "Oriki" de cet "Orilê" à tous l'es joueurs de tam-tam dit "gangan". Il existe également au quartier Lokossa et à Kpokomey un petit foyer Olojê (famille Gbadamassi).
6. IJESHA OU MARO-MAPÉ
Le principal foyer des Ijêsha que certains désignent sous l'appellation de Marô-Mape se situe au quartier Itèkpolou-Yoruba, leur ancêtre est Lawore Alawoki, prédécesseur de Adegbindin auquel a succédé Lawore, lui-même déjà décédé ; il semble que le représentant actuel de cette famille est Salami Igué. On retrouve parmi les ljêsha certaines familles "Goun-Yoruba" de Porto-Novo, notamment la famille Hanna du quartier Kandévié Alôbatin à Porto-Novo.
Cet "Orîlê" est également représenté par la famille Salou Ogoun du quartier Itagogo, et d'autres petits foyers très dispersés d'ailleurs ; notamment la famille de El-Hadj Séfou dont les ancêtres seraient fixés à Adjarra (banlieue de Porto-Novo) et dont on retrouve certains éléments au quartier Gbassou-Komey.
7. ONIGO ARIYO OU ELESE
Onilê dont l'origine se situe à Oko, Elêsê encore connu sous l'appellation de Onigo Ariyô est notamment représenté parmi les Yoruba de Porto-Novo par la famille Abêwô dont le foyer principal est au quartier Fièkomey. On retrouve de nos jours des membres de cette famille au quartier Itatiguiri (Baba Doudou), et à Déguè-Gare.
8. OGOGO OU MAKO-MARE
Les "Ogoggo" connus surtout sous le nom de Makô-Marê paraissent constituer de grandes familles qui d'ailleurs ne se reconnaissent aucune sorte de lien, contrairement à ce qu'on retrouve parmi les autres "Orilê" représentés à Porto-Novo, Il est bien vrai que ceci n'a rien d'étonnant eu égard au fait que notre critère de détermination est l' "Orilê" (ancêtre originel commun).
On peut d'ailleurs trouver une explication a cela. Les Makô-Marê sont représentés par les familles dont les foyers principaux à Porto-Novo sont nettement distincts. Trois familles Yoruba de Porto-Novo sont saluées par l'Oriki de Makô-Marê:
- La famille Yaya Oye du quartier Wèzounmè ;
- La famille Amushan dont le chef est Odunbaku, actuel "Alagba" du culte Egun de Porto-Novo ; venue d'Adjarra, cette famille s'est établie au quartier Adomey ;
- La famille Dine du quartier Adjégounlè paraît d'ailleurs de loin la plus représentative des IMakô-Marê.
9. OLOFA
Comme nous l'avons mentionné plus haut, la famille Lalêyê de l'avis de certaines sources autorisées relève de cet Orilê. Il en est de même de la famille Alao Fary.
10. IREMOGUN
Orilê essentiellement représenté à Porto-Novo par la famille Fagbohoun du quartier Zèbou Abèrèwô. La famille Sayi dont l'origine Yoruba n'est pas encore mise en lumière, a conservé cependant le principal attribut de cet "Onilê", le métier du fer. La famille Sayi dont le foyer principal est à Aglansa exerce traditionnellement la profession de forgeron ou de ferblantier. Les "Ire Mogun" sont les adeptes du "Gou", divinité du fer.
L'autel de cette divinité est au quartier Goukomey. Notons par ailleurs que l' "Oriki" Ire Mogun s'applique également par tradition à tous les travailleurs du fer sans que ceux-ci aient effectivement quelque attribut originel de cet "Orilê". En est-il ainsi de la famille Sayi ?
11. OLOBA
Olubêgo, originaire d'Oyô, d'une extension restreinte, est représenté par deux familles, celle des Lala et celle des Adebinpe qui sont d'ailleurs des frères nous dit-on. On les retrouve aujourd'hui au quartier Madourou Ôja Êlêgba. Leur foyer originel se situe au quartier Hlinkomey.
12. OLOLA OU JENI AGBE
La famille "Akin Ocho" de Idi Obô représente cet Orilê à Porto-Novo.
13. ONIKO OU MAJE MOJÔ
Onikô est essentiellement représenté à Porto-Novo par la famille Boussari du quartier Agbokomey dont on retrouve un important foyer secondaire à Ahouantikomè (famille Ala).
14. IMADU OU ELERIN
L' "Oriki" de cet "Orilê" s'adresse principalement, à deux familles porto-noviennes : la famille Akanni du quartier Zèbou-Aga et la famille Onifadé de Adankomey. Comme on peut le constater, les membres de ce deux familles portent des marques faciales totalement différentes. Cette constatation corrobore l'une des remarques mentionnée au
début de cet article à savoir qu'il est difficile de se servir uniquement des marques faciales pour déterminer l'origine "clanique" des Yoruba.
15. ILEFE
La famille Faladé fixée au quartier Ouinlinda, représente cette souche à Porto-Novo- Il est très vraisemblable qu'il existe d'autres foyers "Onifê" que nous n'avions pu recenser.
16. OLOMU
La famille Ibitochô de Kpokômè et celle de Moustafa Êyêba de Sokômè représentent cet "Orilê".
17. ONILOKO
Onilê qu'il ne convient pas de confondre avec Onikô (famille Boussari) déjà mentionné est représenté par la famille Jêgêdê du quartier Zèbou-Agah une famille assez bien connue.
18. OPO
"Opo" regroupe deux grandes familles, celle de Affoyon du quartier Tatiguiri et la famille da Matha du quartier Wèzounmè.
19. IKOYI
Ikoyi ou Maté Magbo est l' "Orilê" dont les "Oriki" couvrent la famille Abassi du quartier Tatiguiri, la famille Egounléti du quartier Zèbou et la famille Maladé du quartier Zèbou-Kpota.
20. OLOGBIN
On retrouve sous la barrière de cet Orilê, la famille Osséni du quartier Donikin.
SHANGO (Encadré)
Shango, originaire d'Oyô, a été chassé de cette localité par Gbanka, rival de Timi. On raconte que sous le règne de Shango à Oyô vivaient deux éléments irréductibles et puissants, Gbanka et Timi, que Shango décida d'envoyer à une série d'expéditions dans l'espoir qu'ils se feraient tuer en guerre. Hélas, il n'en fut rien, Gbanka et Timi, revenaient toujours victorieux. On sait que Shango, qui se manifeste sous forme de foudre a également pour attribut le feu qu'il crache d'ailleurs de sa bouche pour terroriser ses sujets. Le puissant Gbanka, après avoir réussi à éloigner son principal rival Timi qui alla se fixer à Edê, fit une redoutable démonstration à la population d'Oyô. Pour ce faire, il rassembla un tas de matières combustibles sous lequel il se coucha et demanda qu'on le brûlât vif. Grand fut l'étonnement des Yoruba d'Oyô, lorsque après que le feu ait tout dévoré, on retrouva. sain et sauf Gbanka qui venait ainsi de démontrer à tous qu'il détenait un pouvoir de résistance au feu plus grand' que celui, de Shangô, roi d'Oyô.
C'est alors que Gbanka donna un délai de cinq jours à Shango pour quitter Oyô et se rendre au pays de sa mère, en terre "Tapa". C'est aussi pour cette raison d'ailleurs que les adeptes de "Shango" ne doivent pas, lorsqu'ils se réunissent pour déterminer la date de commencement des cérémonies en l'honneur de cette divinité, fixer un délai qui excède cinq jours.
Donc, lorsque arriva le cinquième jour fixé par Gbanka, Shango se retira dans la banlieue d'Oyô en compagnie de quelques amis qui d'ailleurs l'abandonnèrent vite, et de sa femme préférée Oya.
Pris de désespoir et se sentant seul, il se pendit à la tombée de la nuit. La nouvelle fut vite répandue dans la ville d'Oyô par les personnes qui revenaient du marché le soir. Tous les anciens sujets de Shango accoururent de tous côtés ; étonnés de cette nouvelle, ils cherchèrent à démentir le fait en disant : "Olukoso", (le roi ne s'est pas pendu). On a depuis lors conservé à cette localité de la banlieue d'Oyô devenue historique le nom de "Olukoso" ou "Koso" et par extension aux endroits où se trouve en pays Yoruba, un autel de Shango. La divinité "Shango" fut introduite à Porto-Novo par le nommé Ojo ancêtre de la famille Oloye de Zèbou-Massè.
Aujourd'hui, il n'existe plus d'adeptes de Shango dans cette famille déjà islamisée. Cependant une famille Yoruba-Goun de Porto-Novo (la famille Idohou) qui semble-t-il n'avait aucun lien originel avec Shango détient de nos jours la responsabilité de l'autel de cette divinité.
N.B. - Shango à proprement parler n'est pas un Orilê ; il fut l'un des rois d'Oyô. Il est donc "Omô ôba".
21. OMO ISEYIN
Ce sont les originaires d' "Isêyin". Nous retrouvons sous cette appellation une famille dont le foyer principal est à Bagoro, celle dont l'actuel chef est le nommé Lawani El-Hadj Sani, une vieille notabilité de Porto-Novo, communément connue sous le nom de Ajao Olumata du quartier Bagoro-Fila. Le nommé Salou, ancêtre de cette famille, à son arrivée à Porto-Novo, s'est d'abord établi, au quartier Guévié ; mais il ne semble pas qu'il y ait fondé un foyer puisqu'on n'y retrouve aucun de ses descendants. Ce fut donc par la suite qu'il s'installa à Bagoro, d'ailleurs en compagnie du "fondateur" des actuelles familles Sounkere et El-Hadj Bouraïma, ce dernier, l'un des premiers musulmans de Porto-Novo à avoir accompli le pélerinage à la Mecque est encore en vie.
De Salou, naquit Bouraïma (ce n'est pas celui qui vient d'être cité) qui ,eut plusieurs enfants dont Akadiri, Lawani, Osanda, Rebija et Badarou.
Les ancêtres de cet "Orilê" sont considérés comme les adeptes du culte "Oro" d'ailleurs au même titre que les Êgba. Il suffit pour S'en convaincre d'analyser le contenu des "Oriki" respectifs de ces deux "Orilê". En effet, on y retrouve plusieurs passages qui se recoupent.
Êgba et Isêyin auraient-ils un ancêtre commun ? Certains le pensent.
Notons par ailleurs que la famille Salou du quartier Bagoro a eu, nous dit-on, quelques liens mal définis avec les Jeni Agbe (cf lya Oni gba nla) famille Akin Ocho, du quartier Idi Obô. En effet, on retrouve à tort d'ailleurs, dans l'oriki de la famille Salou, des termes propres aux "Jeni Agbe" ; notamment l'appellation de Mapo-Mossi" traditionnellement réservée au Jeni Agbe.
On constate cette forme d'assimilation dans un grand nombre de familles Yoruba de Porto-Novo.
22. MAPO BATURE, MAPO KUTURE
Cet "Orilê" est d'origine Haoussa. Il regroupe aujourd'hui un certain nombre de familles assez vastes entre lesquelles il n'existe aucune sorte de lien ; ce sont :
- La famille Adjibadé du quartier Wèzounmè ; son ancêtre est Orekan (Balogoun) général Yoruba qui dirigea la guerre contre l'armée Ègba sous le règne de Dè-Mèkpon. Les Yoruba rentrèrent victorieux à Porto-Novo en chantant:
Êgba salô awa lapa akodudu loju ina
Êgba salô agira lapa ogogo ni fila.
Êgba salô ti ôwô ba t'Êgba a'ke hêri
- La famille Osséni, dont le foyer originel se situe au quartier Idioro, s'est établie de nos jours à Sadognon.
- La famille Lawani du quartier Déguè Idiaraba dont l'actuel chef est le nommé Yessoufou Baba Oni Fila.
Notons par ailleurs que cette famille s'est étendue ces dernières années à celle du feu El-Hadj Afolabi Alao du quartier Idioro. Nous ignorons d'ailleurs les raisons qui ont motivé cette extension. La famille du feu Afolabi Alao, est traditionnellement rattachée à celle de Ibitocho dont l'orilè est "Olomu".
- La famille Emmanuel, famille d'origine portugaise, du quartier Itagogo, relève aussi de cet "Orilê".
23. OBINJA
C'est l' "Orilê" des "Tapa" dont le foyer originel ancestral n'est pas situé en terre Yoruba. De même que le "Engun" est un des cultes Yoruba, le "Gunuko" ou "Gunu" est le principal culte Tapa.
L' "Oriki" de cet "Orilê" s'applique à trois familles bien connues à Porto-Novo :
- La famille Soumanou Gomez, ancienne famille d'origine portugaise dont le foyer principal est au quartier Atakpamè. De toutes les familles Tapa de Porto-Novo, elle a été reconnue comme la seule détenant un autel du culte "Gunuko" ;
- La famille Abiôla, famille Tapa dont l'ancêtre serait venu au culte "Egun" compte tenu des exigences de Ifa. Cette famille s'est établie à Adomè ;
- La famille Tapa du quartier Attakè.
Notons également que certaines sources déclarent que la famille du feu El-Hadj Sanoussi du quartier Djakomè relèverait de cet "Orilê".
24. IJEBU
Un grand nombre de familles Yoruba n'ayant entre elles aucun lien se retrouvent sous la bannière de cet "Orilê" ; ce sont notamment :
- La famille Oguebule (Ijêbu Ode) du quartier Ahouantikomê, seule, semble notoirement la plus représentative de cet "Onilê".
Mais il existe également d'autres importants foyers qui se rattachent à cette source ; ce sont notamment :
- La famille Adjibi à laquelle est apparentée une importante famille Goun (Zounon). Les Adjibi qui ont leur foyer principal à Guévié sont encore appelés "Omô Morohunfolu" expression qui, à juste titre peut conduire à les ranger sous le titre de "Olalômi" ou "Ola". Cette famille dont l'ancêtre descend du roi "Awujale d'Ijebu" a aujourd'hui à sa tête M. Amzat Bouraîma Madjebi, un des notables de Porto-Novo. Elle est saluée par l'oriki de "Modun Njaro".
- La famille Modun Njaro famille de Imam Moukhtar du quartier Sokomè ;
Un groupe de deux familles dont le foyer principal se situe à ltèkpolu Imalé (famille d'El-Hadji Tiamiou Alaga notamment) a selon certaines sources dignes de foi une origine "Ijebu".
On affirme également sans aucune précision que la famille de El-Hadj Aminou Tawakalitou, l'actuel Sériki de la communauté Musulmane de Porto-Novo, parent du feu Imam Bello devrait appartenir à cet "Orilê".
Cette famille est saluée, semble-t-il, sous l' "Oriki" de "Modun Mêrin".
25. MORO-MASHO
Nous avons retrouvé sous le sigle de cet Oriki un certain nombre de familles, notamment :
- Celle de Baba Tade Abdoulaye du quartier Itatôgônou ;
- Celle de Kôssôkô du quartier Ogan'la ;
- Enfin une famille dont le foyer principal se situe au quartier Ayantèdo. Notons que c'est dans cette dernière famille que se recrutent traditionnellement à Porto-Novo les batteurs de tam-tam dit "gangan".
Nous n'avons pas pu définir l' "Orilê" auquel pourrait se rattacher la souche "Moro-Masho".
Nous venons de passer rapidement en revue les quelques "Orilê" représentés parmi les familles Yoruba de Porto-Novo. Certains "Onilê" parmi lesquels Orangun, Ajeje, Ikirun, Ajero, Olupo, Olufôn, Ara Oje, Alaran, etc., ne semblent pas exister ici ; si nous n'avons rencontré au cours de notre enquête aucune famille à laquelle on pourrait attribuer ces "Oriki", il est cependant possible que des personnes isolées, c'est-à-dire, n'ayant pas à Porto-Novo une famille étendue ou un foyer familial anciennement établi (ibudo) peuvent prétendre représenter ces "Orilê".
De cette étude qui demeure encore très générale dans son objet et dans sa méthodologie se dégagent certaines constatations, caractéristiques de nombreuses familles Yoruba de Porto-Novo, à savoir :
- L'existence de liens plus ou moins solides unissant un grand nombre de familles entre elles ; ces liens en général, établis de vieille date, se traduisent dans la pratique par une forme d'assistance mutuelle surtout pendant ces multiples cérémonies qui marquent la vie quotidienne des Yoruba de Porto-Novo, et très souvent par une forme d'assimilation dans les "Oriki" ; ce qui a d'ailleurs constitué pour nous une certaine source de difficultés dans nos démarches d'identification. Nous avons cité comme exemple le cas de la famille Salou de Bagoro, originaire de Isêyin, à laquelle s'applique aujourd'hui à tort l'appellation de "Makpo-Mossi", Oriki qu'on attribue traditionnellement dans certains milieux aux "Jeni Agbe" dont l'"Orilê" est "Olôla". Nous avons tenté de fournir une à cette forme d'assimilation, qui d'ailleurs n'existe réellement que sur le plan d' "Oriki", par une certaine présence de liens amicaux assez lâches anciennement établis entre ces deux grandes familles ; il nous est aussi apparu au cours de notre enquête que la même famille précitée a des liens analogues avec un petit foyer de "Makô-Marê" du quartier Tatigri L'explication que nous avons fournie demeure-t-elle toujours valable ? Quoiqu'il en soit, on doit poser le problème car il est d'importance compte tenu de l'existence de nombreux autres cas analogues.
- La deuxième constatation est qu'un nombre non négligeable de Yoruba de Porto-Novo pensent qu'il convient de réserver exclusivement l'appellation de Yoruba aux membres de la "souche" ou à d'autres personnes de la même ethnie ayant des tatouages similaires. Les éléments Yoruba qui tiennent ce raisonnement s'attribuent le titre de "Imalé", ce que les Gouns de Porto-Novo désignent sous l'appellation de "Malénou", c'est-à-dire le Musulman.
C'est là une erreur assez grave que commettent beaucoup de gens. Mais cette situation semble résulter d'une série d'événements. Comme nous l'avons signalé au début de cette étude, les avis concordent généralement que les ancêtres des "Mapo-Moji" semblent être les premiers Yoruba établis à Porto-Novo. Après la conquête de Ajashê-llé par Tè-Agbanlin, les premiers nouveaux éléments Yoruba venus du Nigéria étaient des animistes, car selon Paul Marty, "l'origine toute première de la communauté musulmane remonte à Dè-Tognon. père de Dè Mèkpon et prédécesseur de Dè-Sodji" : et le premier Imam Djamiou de cette localité, un Haoussa (Séïdou) fut désigné vers 1850 seulement.
Aussi, a-t-on toujours conservé l'appellation de "Yoruba" aux Mapo Moji, celle de "Imalé" à tous les autres éléments en général Musulmans de la même ethnie. Cela tient-il aussi au fait que la "Souche" Mapo-Moji semble être l'un des principaux foyers Yoruba de Porto-Novo comprenant en son sein un nombre assez important d'éléments de confession non musulmane ?
Quoiqu'il en soit, c'est une erreur ou une confusion assez grave qu'il convient de souligner, laquelle erreur d'ailleurs se reproduit fréquemment lorsque dans les mêmes milieux on établit une différence entre le Yoruba et le Nago.
Le problème est alors de savoir s'il existe réellement une différence d'origine et d'ethnie entre les personnes que l'on désigne ici sous des appellations différentes de "Yoruba" , "Nago" et "Imalé".
Le terme "Imalé" désigne une, personne qui pratique la religion islamique ; il définit donc une confession -et non une ethnie ; aussi, le Fon, le Goun ou le Yoruba professant la foi islamique est appelé "Imalé" ou "Malènou". C'est donc une grave erreur que commettent certains "Yoruba" qui, du fait qu'ils sont musulmans, renoncent en quelque sorte à leur appartenance à l'ethnie Yoruba qui témoigne leur origine.
Certes, il est évident que les premiers Yoruba notamment les ancêtres de Mapo-Moji établis à Porto-Novo après Tè-Agbanlin, étaient animistes. Mais, on ne doit pas perdre de vue que l'animisme (Orisha) au même titre que l'Islamisme est une religion. La seule différence est que celui-là relève du polythéisme, et celui-ci du monothéisme. Le terme "Yoruba" indique une origine, c'est-à-dire un état permanent qu'on ne peut renier, tandis que les termes "abô orisha" (animiste) et "Imalé" (musulman) désignent des cultes comme tels un état sujet à des changements possibles.
Par ailleurs, cette confusion entre le "Yoruba" et le Musulman qui remonte à une époque lointaine se retrouve à différents niveaux notamment quand on cherche à déterminer l'époque d'introduction de l'Islam à Porto-Novo, ou celle de l'établissement des premiers Yoruba dans cette cité. C'est ainsi que dans leur ouvrage d'une valeur documentaire indiscutable (Contribution à l'Etude de l'Ancien Royaume de Porto-Novo), MM. Akindélé et Aguessy font remonter l'apparition de l'Islam en terre porto-novienne à Dè-Ayikpé (1775-1783) alors que Paul Marty comme nous l'avons mentionné plus haut souligne que la toute première apparition de cette religion remonte seulement à Dè-Tognon (1828-1836). MM. Akindélé et Aguessy notent également que l'islam fut introduit par les premiers Yoruba sous l'impulsion, disent-ils de "leur chef Adéchina assisté de son neveu Agbanlin". Paul Marty pense que les agents de l'avènement de cette religion dans le royaume de Porto-Novo sont les Yoruba et les Haoussa, sans d'ailleurs préciser s'il s'agissait des premiers Yoruba. Le problème qui se pose est donc le suivant : l'Islam fut-il importé à Porto-Novo par les premiers Yoruba, ce qui laisserait supposer que ces premiers Yoruba étaient des Musulmans avant leur établissement en terre Porto-Novienne. Ou bien comme on peut le déduire de la thèse de Paul Marty, l'apparition de cette religion est postérieure à l'établissement des Yoruba. Les données que nous avons recueillies au cours de notre enquête nous incitent à soutenir cette dernière thèse celle de Paul Marty). En effet, il est notoirement reconnu que les premiers Yoruba venus à Porto-Novo après l'invasion de Tè-Agbanlin, incontestablement les ancêtres des "Mapo-Moji" (Adéchina, Aké et Agbanrin), étaient animistes et vraisemblablement l'ont été leur vie durant. Il est aussi vraisemblable qu'une partie de leurs descendants directs n'ont pas embrassé l'Islam ; ce qui a pu déterminer les premiers musulmans de Porto-Novo, (en général venus de Ilôrin) à réserver l'appellation de Yoruba aux membres de la "Souche." Mapo-Modji qui, autrefois, étaient en majorité des animistes.
La première famille Yoruba de confession musulmane de Porto-Novo notoirement connue est celle de Bawala, père du feu Imam Saroukou et dont l'ancêtre est le nommé Djinadou, ce dernier introduisit le Koran dans cette ville et y construisit la première mosquée au quartier Tôgô. Cet édifice religieux fut placé sous l'autorité de l'Imam Djitori, également originaire d'Ilôrin.
Cette famille aujourd'hui saluée par l'Oriki de "lja Makôya, ômô shiru" a des foyers secondaires à Attakè Sokomè, et leur "ibudo" ou foyer principal à Wèzounmè. Elle a, nous dit-on, une origine Peulh ou "Foulani".
Yoruba ou Nago sont-ils d'une même origine ?
Dans certains milieux, on admet sans difficulté que Yoruba et Nago sont non seulement d'une même ethnie, mais aussi les deux termes sont synonymes. D'autres personnes, par contre, tout en reconnaissant que Yoruba et Nago sont venus du Nigéria, estiment qu'il s'agit de deux ethnies différentes. C'est une erreur. En effet, les Nago, les Holli sont aussi des Yoruba au même titre que ceux qu'on désigne sous appellation de "Ogbomoshô", "Êgba", "Ilôrin" et "Ijêbu".
Les Nago ou Yoruba, premiers occupants des terres de Porto-Novo
L'étude historique de Porto-Novo fait ressortir qu'avant l'arrivée de Tè-Agbanlin en 1684, ce pays était sous l'autorité de Chefs Nago ou Yoruba installés dans les régions d'Okôrô (aujourd'hui Aklon) et Ijachèilé (aujourd'hui Jassin) dont la jonction plus tard devait donner naissance à Hôgbonou.
Divers auteurs, notamment Aguessy et Akindélé (cf Contribution à l'étude de l'ancien royaume de Porto-Novo, op. déjà cité) et Charles Koukoui (Comment les Gounnous sont devenus les tenanciers du sol à Porto-Novo), ont retracé dans leur ouvrage l'éviction par le prince fugitif Tè-Agbanlin des Chefs Yoruba, premières autorités établies dans le pays auquel le Portugais de Campos devrait donner plus tard le nom de Porto-Novo (1752).
Nous reproduisons en annexe l'étude de Charles Koukoui, administrateur ancien sous-préfet de Porto-Novo. En effet, ce petit mémoire par sa clarté, sa concision et les sources auxquelles se réfère l'auteur constituent une contribution appréciable à l'étude de l'histoire de Porto-Novo.
En conclusion
Comme nous l'avons signalé dès le premier chapitre, cette étude se veut générale. Loin de chercher à épuiser un problème aussi complexe, présentant de multiples aspects, nous voulons tout simplement ici indiquer une voie, faire les premiers pas dans un domaine encore peu exploré, une source d'où peut jaillir des enseignements capables d'enrichir notre patrimoine culturel.
A peine avons-nous achevé la rédaction des derniers chapitres de cette publication que nous constatons que le travail que nous venons d'accomplir comporte des imperfections, Mais notre objectif n'est pas d'atteindre la perfection en un seul jour, et nous n'avons nullement la prétention de présenter une oeuvre d'érudit. Notre but est surtout d'éveiller l'attention de l'opinion sur un problème trop longtemps ignoré et dont l'étude peut permettre de mettre en lumière de nouveaux aspects du notre patrimoine socio-culturel.
Enfin, devons-nous encore souligner que cette étude tend aussi à illustrer une méthode d'enquête, et à esquisser un appel à la collaboration de tous ceux qui, à divers échelons, cherchent à apporter leur contribution à une meilleure connaissance de notre passé historique et à tous ceux qui estiment que notre enrichissement par les enseignements que nous pouvons tirer de ce domaine culturel constituent l'un des matériaux indispensables à la définition de cette "voie africaine" de promotion humaine dont nous portons tous la charge et partagerons la grandeur.
Le sens de cette publication étant précisé, il nous reste à exprimer ici nos vifs remerciements à tous ceux qui, à des titres divers, notables, chefs de collectivités familiales, notamment M. Amzat Madjèbi, Alfa Alimi Ichôla, le vieux Mama, nous ont apporté leur concours. Nous exprimons particulièrement notre entière gratitude à M. Mouftaou Adéléké, à qui nous devons beaucoup de choses dans ce mémoire, notamment la pénible tâche de mise au point des "Oriki".
Pour tous, cette publication sera la récompense d'un effort commun, que consacre un travail certes imparfait, mais qui ouvre assurément la voie à de futurs succès.
On est logiquement tenté de penser que les tatouages, marques faciales peuvent, à l'exemple des "Oriki" constituer un critère invariable permettant de déterminer l'origine familiale ou clanique réelle des personnes qui les portent ; ainsi, on pourrait être amené à attribuer un même "Oriki" aux individus portant les mêmes marques 'faciales. Une telle démarche est parfaitement erronée. En effet, il découle de l'enquête que nous avons menée à ce sujet que l'application des tatouages chez les Yorubas n'obéit pas à des règles strictement définies ; logiquement d'après l'organisation patrilinéaire qui caractérise l'ethnie Yoruba, les descendants d'un même individu doivent porter les marques faciales de leur ancêtre commun. Mais, il n'en est pas ainsi, pour plusieurs raisons. En effet, à la naissance d'un enfant, il est de coutume que les parents consultent le "lfa" pour connaître l'ancêtre (personne disparue ou encore en vie) qu'incarne le nouveau venu.
L'enfant portera donc les marques faciales de cet ancêtre quand bien même ce dernier n'appartient pas à la famille paternelle du nouveau-né.
Par ailleurs, l'esclave et ses descendants portent les marques faciales de la famille de leur "propriétaire" ; de même, il arrive qu'une personne appose les tatouages de sa famille sur les joues du descendant d'un ami avec l'accord de ce dernier. Et cette dernière entorse à la règle générale, compte tenu de l'organisation patrilinéaire dans l'ethnie Yoruba peut se perpétuer dans les générations futures.
En général, un individu peut avoir plusieurs "Oriki" ; cela tient au fait que l'"Oriki" varie suivant la nature des liens de parenté existant entre la personne qui adresse les salutations et l'individu à l'intention duquel l'"Oriki" est prononcé. Ainsi, une mère s'adressant à son enfant utilise, les termes de l'"Oriki" à sa famille à elle. De même le père et toutes personnes du lignage paternel se servent de l'"Oriki" de leur lignage pour adresser des salutations au même enfant. Dans le cadre de cette enquête, nous avons retenu seulement les "Oriki" propres au lignage" paternel.
Après cette tentative de définition de l'"Oriki" et de ses principales caractéristiques, nous allons aborder un autre aspect de ce problème qui a trait à l'origine des Yoruba.
En général, on sait que les Yoruba, descendants du légendaire personnage dénommé "Oduduwa", sont originaires du Nigeria. Mais à notre grande surprise, nous avons constaté que beaucoup de personnes de cette ethnie installée au Dahomey notamment les familles Yoruba de Porto-Novo ignorent elles-mêmes la localité du Nigeria d'où sont venus Ieurs ancêtres. On a souvent prétendu que la plupart des Yoruba sont venus d'Oyô, d'où le nom d' "Oyônou" communément attribué aux Yoruba de Porto-Novo. L'examen du contenu des "Oriki" des principales familles Yoruba de cette ville apporte un démenti catégorique à cette idée.
Signalons tout d'abord que le contenu d'un "Oriki" se rattache à une entité bien définie, caractéristique d'un "clan primaire" appelé "Onilê" ou "Orilê". C'est à travers cet attribut que l'on détermine l'origine réelle des individus dont elle constitue un élément commun. Nous avons pu recenser au cours de notre enquête plus d'une trentaine d' "Onilê" dont quelques-uns ne se trouvent pas représentés parmi les familles Yoruba de Porto-Novo.
Liste des "Orilé" et de leurs origines
Les ancêtres de certaines familles Yoruba installées à Porto-Novo, sont venus au Dahomey après avoir transité par Oyô ou Ilorin.
| Orilê | Origine |
| Layibadé (Makpo-Modji) | Papo (banlieu de Oyô) |
| Êgba (Majo-Majô) | Abêotuta |
| Olôyê | Igbeti |
| Omô Oba | Oyô |
| Olôjê | Oyô |
| Ijésha | Owa |
| Elêsê (Onigo Ariyô) | Oko |
| Ogogo (Makô Marê) | Oyô |
| Olôfa | Ofa |
| Iré Mogun | Iré |
| Oloba | Oyô |
| Olola (Jeni Agbe) | ? |
| Onikô (Majê Majo) | Oyô |
| Imadu | Elêrin |
| Onifê | Ifê |
| Olomu | Omu |
| Onilôkô | ? |
| Opo | Ikirun |
| Ikoyi (Maté-Magbo) | Ikoyi |
| Ologbin | Oyô |
| Omô lsêyin | Iseyin |
| ljêbu | Ijêbu |
| Moro Masho | ? |
| Obinja | Takpa |
| Mapo Kuture | Hausa |
| Ara Oje | Opetu |
| Orangun | Ila |
| Ajeje | Iresa |
| Ibadan | Ibadan |
| Ikôlé | Ikôlé |
| Ilôrin | Ilôrin |
| Alaran | ? |
| Ikirun | Ikirun |
| Ajéro | Ajéro |
| Olupo | Ira |
| Olufon | Obulu |
Comment sont distribués ses principaux "Orilê" parmi les grandes familles Yoruba de Porto-Novo ?
Notons que deux "Orilê" de loin les plus importants couvrent un grand nombre de familles Yoruba à Porto-Novo ; ce sont : Layibadé communément connu sous l'appellation de Mapo-Moji et Majo-Majô, supposés être des Êgba.
1. LAYIBADE
Traditionnellement, les "Layibadé" ou Mapo-Moji sont considérés comme les premiers Yoruba installés à Porto-Novo. Ils portent en principe six cicatrices faciales dont trois horizontales et trois, verticales ou huit horizontales. Mais toutes Ies variations qu'on peut noter ne résultent d'aucune règle stricte. La pratique des cicatrices faciales a été d'ailleurs abandonnée par les Mapo-Moji et la plupart des Yoruba depuis fort longtemps, bien avant l'institution de la nouvelle réglementation interdisant cette coutume.
Les ancêtres des Mapo-Moji sont Agbanrin et Aké qui, selon certaines sources ne sont pas frères. Ils sont originaires de Ipapo (banlieue d'Oyô).
Agbanrin et Aké seraient venus à Porto-Novo, à la même époque que les nommés Afanja, Boro (ômô ôba) et Olalêmi (ôgô ômô ôba) en vue de rendre visite à la première personne d'ethnie Yoruba installée au Dahomey la nommée Abêsan, une prêtresse esclave ayant "échoué" à Porto-Novo par la guerre. Abêsan, à la suite de couches mystérieuses aurait donné naissance le même jour à neuf enfants dont quatre garçons et cinq filles.
A son arrivée à Porto-Novo, elle fut installée à l'emplacement que l'on reconnaît être l'actuel quartier de Okôrô où coule aujourd'hui un marigot, dédié à la mémoire de cette première Yoruba installée à Ajashê…
De nos jours, les Layibade ou Mapo-Moji se répartissent dans trois quartiers presque contigus : Fièkomè où se trouvent les descendants d'Agbanrin, Lokossa et Adomey qu'occupent ceux d'Aké. A leur arrivée à "Hôgbonoù" Agbanrin et Aké, s'étaient installés à Fièkomey. Au cours du voyage qu'il effectuait à Porto-Novo en compagnie d'Agbanrin, Aké eut un fils nommé Adétôna qui plus tard devait élire résidence à Lokossa où naquit de lui, le nommé lbikunlé. Après la naissance de ce dernier, Adétôna vint à nouveau se fixer à Adomey où il eut un autre enfant nommé Laguidé.
On retrouve également à Adomey, aujourd'hui, les descendants de Adégbitê, jeune frère de Oluwo et parent de Adétôna. Ceux-ci se rattachent également au lignage des Mapo-Moji. Enfin, notons qu'un foyer de Mapo Moji se trouve localisé au quartier Gbassou-Komè (Ita-Koto) ; ce sont les descendants de Adéchina (Oshé leni bi Ojo) qui à la suite de discordes avec ses neveux quitta Adomey pour s'installer à Wêzounmè. Il devient plus tard l'Oluwo. Très riche, il acheta beaucoup d'esclaves qui aujourd'hui, sont considérés dans certains milieux comme des Mapo-Moji.
2. MAJO-MAJO (ÉGBA)
Le deuxième "Orilê" également de loin de plus répandu dans les familles Yoruba de Porto-Novo est celui des Majo-Majô,, qui selon certaines sources autorisées serait "Êgba", originaire d'Abêokuta. Le foyer initial des Majo est au quartier Fila et s'est étendu à la famille Badarou Pèlè. Aujourd'hui, on regroupe sous cet Oriki un grand nombre de familles réparties dans les quartiers suivants -: Zèbou (Zèbou-Kpota, Zèbou-Agah notamment la famille du feu El-Hadj Imorou Tidjani Adjao), le quartier Sadognon (famille Lassissi Gbadamassi, famille du feu El-Hadj Chitou),. le quartier Adomey Oké-Lokossa, (famille de Sadikou Ola Biwonnou).
3. OLOYÊ ou MAPO-OJI
Les origines de cet "Orilê" se situent à Oyô et Gbêti. La principale famille porto-novienne saluée par cet "Oriki" est celle de "Olushi" au quartier Kpota. Les "Olôyê" se retrouvent également au quartier Ayéôba (Okélana), au quartier Oja Êru, à Agbokomey, la famille Baba Shango de Zèbou-Massè relève également de cet "Orilê".
Mais il y a litige en ce qui concerne l'attribution de l' "Oriki" de Olôyê à la famille Olalêyê Agbantou. En effet, certaines sources affirment que, le feu Olalêyê Agbantou dont l'"Oju Ori" c'est-à-dire le principal foyer originel à Porto-Novo se situe au quartier Tôgo (Kaêchin), devrait être rattaché au lignage de "Olôfa". Une discussion reste ouverte sur ce point.
4. OMO OBA OYÔ
Cet "Orilê" également appelé Omô Gboluwadje a pour principaux représentants à Porto-Novo les familles Paraïso, Balley et Damala, Imam Adjilèyè apparenté à la famille Bouraïma du quartier Hassou.
Les descendants des grandes familles porto-noviennes se rattachant à cet "Onilê" sont les nommés Afanja, l'un des premiers Yoruba venus au Dahomey ,environ à la même époque que Agbanrin (Olayibade), Boro et Olalemi.
5. OLOJÊ
La famille de Akanni Agbo du quartier Fila est unanimement reconnue comme la principale souche "Olôjê" à laquelle se rattache la famille parente du quartier Oja Êru (famille de Latif Titus).
La tradition attribue également, sans les y rattacher, l' "Oriki" de cet "Orilê" à tous l'es joueurs de tam-tam dit "gangan". Il existe également au quartier Lokossa et à Kpokomey un petit foyer Olojê (famille Gbadamassi).
6. IJESHA OU MARO-MAPÉ
Le principal foyer des Ijêsha que certains désignent sous l'appellation de Marô-Mape se situe au quartier Itèkpolou-Yoruba, leur ancêtre est Lawore Alawoki, prédécesseur de Adegbindin auquel a succédé Lawore, lui-même déjà décédé ; il semble que le représentant actuel de cette famille est Salami Igué. On retrouve parmi les ljêsha certaines familles "Goun-Yoruba" de Porto-Novo, notamment la famille Hanna du quartier Kandévié Alôbatin à Porto-Novo.
Cet "Orîlê" est également représenté par la famille Salou Ogoun du quartier Itagogo, et d'autres petits foyers très dispersés d'ailleurs ; notamment la famille de El-Hadj Séfou dont les ancêtres seraient fixés à Adjarra (banlieue de Porto-Novo) et dont on retrouve certains éléments au quartier Gbassou-Komey.
7. ONIGO ARIYO OU ELESE
Onilê dont l'origine se situe à Oko, Elêsê encore connu sous l'appellation de Onigo Ariyô est notamment représenté parmi les Yoruba de Porto-Novo par la famille Abêwô dont le foyer principal est au quartier Fièkomey. On retrouve de nos jours des membres de cette famille au quartier Itatiguiri (Baba Doudou), et à Déguè-Gare.
8. OGOGO OU MAKO-MARE
Les "Ogoggo" connus surtout sous le nom de Makô-Marê paraissent constituer de grandes familles qui d'ailleurs ne se reconnaissent aucune sorte de lien, contrairement à ce qu'on retrouve parmi les autres "Orilê" représentés à Porto-Novo, Il est bien vrai que ceci n'a rien d'étonnant eu égard au fait que notre critère de détermination est l' "Orilê" (ancêtre originel commun).
On peut d'ailleurs trouver une explication a cela. Les Makô-Marê sont représentés par les familles dont les foyers principaux à Porto-Novo sont nettement distincts. Trois familles Yoruba de Porto-Novo sont saluées par l'Oriki de Makô-Marê:
- La famille Yaya Oye du quartier Wèzounmè ;
- La famille Amushan dont le chef est Odunbaku, actuel "Alagba" du culte Egun de Porto-Novo ; venue d'Adjarra, cette famille s'est établie au quartier Adomey ;
- La famille Dine du quartier Adjégounlè paraît d'ailleurs de loin la plus représentative des IMakô-Marê.
9. OLOFA
Comme nous l'avons mentionné plus haut, la famille Lalêyê de l'avis de certaines sources autorisées relève de cet Orilê. Il en est de même de la famille Alao Fary.
10. IREMOGUN
Orilê essentiellement représenté à Porto-Novo par la famille Fagbohoun du quartier Zèbou Abèrèwô. La famille Sayi dont l'origine Yoruba n'est pas encore mise en lumière, a conservé cependant le principal attribut de cet "Onilê", le métier du fer. La famille Sayi dont le foyer principal est à Aglansa exerce traditionnellement la profession de forgeron ou de ferblantier. Les "Ire Mogun" sont les adeptes du "Gou", divinité du fer.
L'autel de cette divinité est au quartier Goukomey. Notons par ailleurs que l' "Oriki" Ire Mogun s'applique également par tradition à tous les travailleurs du fer sans que ceux-ci aient effectivement quelque attribut originel de cet "Orilê". En est-il ainsi de la famille Sayi ?
11. OLOBA
Olubêgo, originaire d'Oyô, d'une extension restreinte, est représenté par deux familles, celle des Lala et celle des Adebinpe qui sont d'ailleurs des frères nous dit-on. On les retrouve aujourd'hui au quartier Madourou Ôja Êlêgba. Leur foyer originel se situe au quartier Hlinkomey.
12. OLOLA OU JENI AGBE
La famille "Akin Ocho" de Idi Obô représente cet Orilê à Porto-Novo.
13. ONIKO OU MAJE MOJÔ
Onikô est essentiellement représenté à Porto-Novo par la famille Boussari du quartier Agbokomey dont on retrouve un important foyer secondaire à Ahouantikomè (famille Ala).
14. IMADU OU ELERIN
L' "Oriki" de cet "Orilê" s'adresse principalement, à deux familles porto-noviennes : la famille Akanni du quartier Zèbou-Aga et la famille Onifadé de Adankomey. Comme on peut le constater, les membres de ce deux familles portent des marques faciales totalement différentes. Cette constatation corrobore l'une des remarques mentionnée au
début de cet article à savoir qu'il est difficile de se servir uniquement des marques faciales pour déterminer l'origine "clanique" des Yoruba.
15. ILEFE
La famille Faladé fixée au quartier Ouinlinda, représente cette souche à Porto-Novo- Il est très vraisemblable qu'il existe d'autres foyers "Onifê" que nous n'avions pu recenser.
16. OLOMU
La famille Ibitochô de Kpokômè et celle de Moustafa Êyêba de Sokômè représentent cet "Orilê".
17. ONILOKO
Onilê qu'il ne convient pas de confondre avec Onikô (famille Boussari) déjà mentionné est représenté par la famille Jêgêdê du quartier Zèbou-Agah une famille assez bien connue.
18. OPO
"Opo" regroupe deux grandes familles, celle de Affoyon du quartier Tatiguiri et la famille da Matha du quartier Wèzounmè.
19. IKOYI
Ikoyi ou Maté Magbo est l' "Orilê" dont les "Oriki" couvrent la famille Abassi du quartier Tatiguiri, la famille Egounléti du quartier Zèbou et la famille Maladé du quartier Zèbou-Kpota.
20. OLOGBIN
On retrouve sous la barrière de cet Orilê, la famille Osséni du quartier Donikin.
SHANGO (Encadré)
Shango, originaire d'Oyô, a été chassé de cette localité par Gbanka, rival de Timi. On raconte que sous le règne de Shango à Oyô vivaient deux éléments irréductibles et puissants, Gbanka et Timi, que Shango décida d'envoyer à une série d'expéditions dans l'espoir qu'ils se feraient tuer en guerre. Hélas, il n'en fut rien, Gbanka et Timi, revenaient toujours victorieux. On sait que Shango, qui se manifeste sous forme de foudre a également pour attribut le feu qu'il crache d'ailleurs de sa bouche pour terroriser ses sujets. Le puissant Gbanka, après avoir réussi à éloigner son principal rival Timi qui alla se fixer à Edê, fit une redoutable démonstration à la population d'Oyô. Pour ce faire, il rassembla un tas de matières combustibles sous lequel il se coucha et demanda qu'on le brûlât vif. Grand fut l'étonnement des Yoruba d'Oyô, lorsque après que le feu ait tout dévoré, on retrouva. sain et sauf Gbanka qui venait ainsi de démontrer à tous qu'il détenait un pouvoir de résistance au feu plus grand' que celui, de Shangô, roi d'Oyô.
C'est alors que Gbanka donna un délai de cinq jours à Shango pour quitter Oyô et se rendre au pays de sa mère, en terre "Tapa". C'est aussi pour cette raison d'ailleurs que les adeptes de "Shango" ne doivent pas, lorsqu'ils se réunissent pour déterminer la date de commencement des cérémonies en l'honneur de cette divinité, fixer un délai qui excède cinq jours.
Donc, lorsque arriva le cinquième jour fixé par Gbanka, Shango se retira dans la banlieue d'Oyô en compagnie de quelques amis qui d'ailleurs l'abandonnèrent vite, et de sa femme préférée Oya.
Pris de désespoir et se sentant seul, il se pendit à la tombée de la nuit. La nouvelle fut vite répandue dans la ville d'Oyô par les personnes qui revenaient du marché le soir. Tous les anciens sujets de Shango accoururent de tous côtés ; étonnés de cette nouvelle, ils cherchèrent à démentir le fait en disant : "Olukoso", (le roi ne s'est pas pendu). On a depuis lors conservé à cette localité de la banlieue d'Oyô devenue historique le nom de "Olukoso" ou "Koso" et par extension aux endroits où se trouve en pays Yoruba, un autel de Shango. La divinité "Shango" fut introduite à Porto-Novo par le nommé Ojo ancêtre de la famille Oloye de Zèbou-Massè.
Aujourd'hui, il n'existe plus d'adeptes de Shango dans cette famille déjà islamisée. Cependant une famille Yoruba-Goun de Porto-Novo (la famille Idohou) qui semble-t-il n'avait aucun lien originel avec Shango détient de nos jours la responsabilité de l'autel de cette divinité.
N.B. - Shango à proprement parler n'est pas un Orilê ; il fut l'un des rois d'Oyô. Il est donc "Omô ôba".
21. OMO ISEYIN
Ce sont les originaires d' "Isêyin". Nous retrouvons sous cette appellation une famille dont le foyer principal est à Bagoro, celle dont l'actuel chef est le nommé Lawani El-Hadj Sani, une vieille notabilité de Porto-Novo, communément connue sous le nom de Ajao Olumata du quartier Bagoro-Fila. Le nommé Salou, ancêtre de cette famille, à son arrivée à Porto-Novo, s'est d'abord établi, au quartier Guévié ; mais il ne semble pas qu'il y ait fondé un foyer puisqu'on n'y retrouve aucun de ses descendants. Ce fut donc par la suite qu'il s'installa à Bagoro, d'ailleurs en compagnie du "fondateur" des actuelles familles Sounkere et El-Hadj Bouraïma, ce dernier, l'un des premiers musulmans de Porto-Novo à avoir accompli le pélerinage à la Mecque est encore en vie.
De Salou, naquit Bouraïma (ce n'est pas celui qui vient d'être cité) qui ,eut plusieurs enfants dont Akadiri, Lawani, Osanda, Rebija et Badarou.
Les ancêtres de cet "Orilê" sont considérés comme les adeptes du culte "Oro" d'ailleurs au même titre que les Êgba. Il suffit pour S'en convaincre d'analyser le contenu des "Oriki" respectifs de ces deux "Orilê". En effet, on y retrouve plusieurs passages qui se recoupent.
Êgba et Isêyin auraient-ils un ancêtre commun ? Certains le pensent.
Notons par ailleurs que la famille Salou du quartier Bagoro a eu, nous dit-on, quelques liens mal définis avec les Jeni Agbe (cf lya Oni gba nla) famille Akin Ocho, du quartier Idi Obô. En effet, on retrouve à tort d'ailleurs, dans l'oriki de la famille Salou, des termes propres aux "Jeni Agbe" ; notamment l'appellation de Mapo-Mossi" traditionnellement réservée au Jeni Agbe.
On constate cette forme d'assimilation dans un grand nombre de familles Yoruba de Porto-Novo.
22. MAPO BATURE, MAPO KUTURE
Cet "Orilê" est d'origine Haoussa. Il regroupe aujourd'hui un certain nombre de familles assez vastes entre lesquelles il n'existe aucune sorte de lien ; ce sont :
- La famille Adjibadé du quartier Wèzounmè ; son ancêtre est Orekan (Balogoun) général Yoruba qui dirigea la guerre contre l'armée Ègba sous le règne de Dè-Mèkpon. Les Yoruba rentrèrent victorieux à Porto-Novo en chantant:
Êgba salô awa lapa akodudu loju ina
Êgba salô agira lapa ogogo ni fila.
Êgba salô ti ôwô ba t'Êgba a'ke hêri
- La famille Osséni, dont le foyer originel se situe au quartier Idioro, s'est établie de nos jours à Sadognon.
- La famille Lawani du quartier Déguè Idiaraba dont l'actuel chef est le nommé Yessoufou Baba Oni Fila.
Notons par ailleurs que cette famille s'est étendue ces dernières années à celle du feu El-Hadj Afolabi Alao du quartier Idioro. Nous ignorons d'ailleurs les raisons qui ont motivé cette extension. La famille du feu Afolabi Alao, est traditionnellement rattachée à celle de Ibitocho dont l'orilè est "Olomu".
- La famille Emmanuel, famille d'origine portugaise, du quartier Itagogo, relève aussi de cet "Orilê".
23. OBINJA
C'est l' "Orilê" des "Tapa" dont le foyer originel ancestral n'est pas situé en terre Yoruba. De même que le "Engun" est un des cultes Yoruba, le "Gunuko" ou "Gunu" est le principal culte Tapa.
L' "Oriki" de cet "Orilê" s'applique à trois familles bien connues à Porto-Novo :
- La famille Soumanou Gomez, ancienne famille d'origine portugaise dont le foyer principal est au quartier Atakpamè. De toutes les familles Tapa de Porto-Novo, elle a été reconnue comme la seule détenant un autel du culte "Gunuko" ;
- La famille Abiôla, famille Tapa dont l'ancêtre serait venu au culte "Egun" compte tenu des exigences de Ifa. Cette famille s'est établie à Adomè ;
- La famille Tapa du quartier Attakè.
Notons également que certaines sources déclarent que la famille du feu El-Hadj Sanoussi du quartier Djakomè relèverait de cet "Orilê".
24. IJEBU
Un grand nombre de familles Yoruba n'ayant entre elles aucun lien se retrouvent sous la bannière de cet "Orilê" ; ce sont notamment :
- La famille Oguebule (Ijêbu Ode) du quartier Ahouantikomê, seule, semble notoirement la plus représentative de cet "Onilê".
Mais il existe également d'autres importants foyers qui se rattachent à cette source ; ce sont notamment :
- La famille Adjibi à laquelle est apparentée une importante famille Goun (Zounon). Les Adjibi qui ont leur foyer principal à Guévié sont encore appelés "Omô Morohunfolu" expression qui, à juste titre peut conduire à les ranger sous le titre de "Olalômi" ou "Ola". Cette famille dont l'ancêtre descend du roi "Awujale d'Ijebu" a aujourd'hui à sa tête M. Amzat Bouraîma Madjebi, un des notables de Porto-Novo. Elle est saluée par l'oriki de "Modun Njaro".
- La famille Modun Njaro famille de Imam Moukhtar du quartier Sokomè ;
Un groupe de deux familles dont le foyer principal se situe à ltèkpolu Imalé (famille d'El-Hadji Tiamiou Alaga notamment) a selon certaines sources dignes de foi une origine "Ijebu".
On affirme également sans aucune précision que la famille de El-Hadj Aminou Tawakalitou, l'actuel Sériki de la communauté Musulmane de Porto-Novo, parent du feu Imam Bello devrait appartenir à cet "Orilê".
Cette famille est saluée, semble-t-il, sous l' "Oriki" de "Modun Mêrin".
25. MORO-MASHO
Nous avons retrouvé sous le sigle de cet Oriki un certain nombre de familles, notamment :
- Celle de Baba Tade Abdoulaye du quartier Itatôgônou ;
- Celle de Kôssôkô du quartier Ogan'la ;
- Enfin une famille dont le foyer principal se situe au quartier Ayantèdo. Notons que c'est dans cette dernière famille que se recrutent traditionnellement à Porto-Novo les batteurs de tam-tam dit "gangan".
Nous n'avons pas pu définir l' "Orilê" auquel pourrait se rattacher la souche "Moro-Masho".
Nous venons de passer rapidement en revue les quelques "Orilê" représentés parmi les familles Yoruba de Porto-Novo. Certains "Onilê" parmi lesquels Orangun, Ajeje, Ikirun, Ajero, Olupo, Olufôn, Ara Oje, Alaran, etc., ne semblent pas exister ici ; si nous n'avons rencontré au cours de notre enquête aucune famille à laquelle on pourrait attribuer ces "Oriki", il est cependant possible que des personnes isolées, c'est-à-dire, n'ayant pas à Porto-Novo une famille étendue ou un foyer familial anciennement établi (ibudo) peuvent prétendre représenter ces "Orilê".
De cette étude qui demeure encore très générale dans son objet et dans sa méthodologie se dégagent certaines constatations, caractéristiques de nombreuses familles Yoruba de Porto-Novo, à savoir :
- L'existence de liens plus ou moins solides unissant un grand nombre de familles entre elles ; ces liens en général, établis de vieille date, se traduisent dans la pratique par une forme d'assistance mutuelle surtout pendant ces multiples cérémonies qui marquent la vie quotidienne des Yoruba de Porto-Novo, et très souvent par une forme d'assimilation dans les "Oriki" ; ce qui a d'ailleurs constitué pour nous une certaine source de difficultés dans nos démarches d'identification. Nous avons cité comme exemple le cas de la famille Salou de Bagoro, originaire de Isêyin, à laquelle s'applique aujourd'hui à tort l'appellation de "Makpo-Mossi", Oriki qu'on attribue traditionnellement dans certains milieux aux "Jeni Agbe" dont l'"Orilê" est "Olôla". Nous avons tenté de fournir une à cette forme d'assimilation, qui d'ailleurs n'existe réellement que sur le plan d' "Oriki", par une certaine présence de liens amicaux assez lâches anciennement établis entre ces deux grandes familles ; il nous est aussi apparu au cours de notre enquête que la même famille précitée a des liens analogues avec un petit foyer de "Makô-Marê" du quartier Tatigri L'explication que nous avons fournie demeure-t-elle toujours valable ? Quoiqu'il en soit, on doit poser le problème car il est d'importance compte tenu de l'existence de nombreux autres cas analogues.
- La deuxième constatation est qu'un nombre non négligeable de Yoruba de Porto-Novo pensent qu'il convient de réserver exclusivement l'appellation de Yoruba aux membres de la "souche" ou à d'autres personnes de la même ethnie ayant des tatouages similaires. Les éléments Yoruba qui tiennent ce raisonnement s'attribuent le titre de "Imalé", ce que les Gouns de Porto-Novo désignent sous l'appellation de "Malénou", c'est-à-dire le Musulman.
C'est là une erreur assez grave que commettent beaucoup de gens. Mais cette situation semble résulter d'une série d'événements. Comme nous l'avons signalé au début de cette étude, les avis concordent généralement que les ancêtres des "Mapo-Moji" semblent être les premiers Yoruba établis à Porto-Novo. Après la conquête de Ajashê-llé par Tè-Agbanlin, les premiers nouveaux éléments Yoruba venus du Nigéria étaient des animistes, car selon Paul Marty, "l'origine toute première de la communauté musulmane remonte à Dè-Tognon. père de Dè Mèkpon et prédécesseur de Dè-Sodji" : et le premier Imam Djamiou de cette localité, un Haoussa (Séïdou) fut désigné vers 1850 seulement.
Aussi, a-t-on toujours conservé l'appellation de "Yoruba" aux Mapo Moji, celle de "Imalé" à tous les autres éléments en général Musulmans de la même ethnie. Cela tient-il aussi au fait que la "Souche" Mapo-Moji semble être l'un des principaux foyers Yoruba de Porto-Novo comprenant en son sein un nombre assez important d'éléments de confession non musulmane ?
Quoiqu'il en soit, c'est une erreur ou une confusion assez grave qu'il convient de souligner, laquelle erreur d'ailleurs se reproduit fréquemment lorsque dans les mêmes milieux on établit une différence entre le Yoruba et le Nago.
Le problème est alors de savoir s'il existe réellement une différence d'origine et d'ethnie entre les personnes que l'on désigne ici sous des appellations différentes de "Yoruba" , "Nago" et "Imalé".
Le terme "Imalé" désigne une, personne qui pratique la religion islamique ; il définit donc une confession -et non une ethnie ; aussi, le Fon, le Goun ou le Yoruba professant la foi islamique est appelé "Imalé" ou "Malènou". C'est donc une grave erreur que commettent certains "Yoruba" qui, du fait qu'ils sont musulmans, renoncent en quelque sorte à leur appartenance à l'ethnie Yoruba qui témoigne leur origine.
Certes, il est évident que les premiers Yoruba notamment les ancêtres de Mapo-Moji établis à Porto-Novo après Tè-Agbanlin, étaient animistes. Mais, on ne doit pas perdre de vue que l'animisme (Orisha) au même titre que l'Islamisme est une religion. La seule différence est que celui-là relève du polythéisme, et celui-ci du monothéisme. Le terme "Yoruba" indique une origine, c'est-à-dire un état permanent qu'on ne peut renier, tandis que les termes "abô orisha" (animiste) et "Imalé" (musulman) désignent des cultes comme tels un état sujet à des changements possibles.
Par ailleurs, cette confusion entre le "Yoruba" et le Musulman qui remonte à une époque lointaine se retrouve à différents niveaux notamment quand on cherche à déterminer l'époque d'introduction de l'Islam à Porto-Novo, ou celle de l'établissement des premiers Yoruba dans cette cité. C'est ainsi que dans leur ouvrage d'une valeur documentaire indiscutable (Contribution à l'Etude de l'Ancien Royaume de Porto-Novo), MM. Akindélé et Aguessy font remonter l'apparition de l'Islam en terre porto-novienne à Dè-Ayikpé (1775-1783) alors que Paul Marty comme nous l'avons mentionné plus haut souligne que la toute première apparition de cette religion remonte seulement à Dè-Tognon (1828-1836). MM. Akindélé et Aguessy notent également que l'islam fut introduit par les premiers Yoruba sous l'impulsion, disent-ils de "leur chef Adéchina assisté de son neveu Agbanlin". Paul Marty pense que les agents de l'avènement de cette religion dans le royaume de Porto-Novo sont les Yoruba et les Haoussa, sans d'ailleurs préciser s'il s'agissait des premiers Yoruba. Le problème qui se pose est donc le suivant : l'Islam fut-il importé à Porto-Novo par les premiers Yoruba, ce qui laisserait supposer que ces premiers Yoruba étaient des Musulmans avant leur établissement en terre Porto-Novienne. Ou bien comme on peut le déduire de la thèse de Paul Marty, l'apparition de cette religion est postérieure à l'établissement des Yoruba. Les données que nous avons recueillies au cours de notre enquête nous incitent à soutenir cette dernière thèse celle de Paul Marty). En effet, il est notoirement reconnu que les premiers Yoruba venus à Porto-Novo après l'invasion de Tè-Agbanlin, incontestablement les ancêtres des "Mapo-Moji" (Adéchina, Aké et Agbanrin), étaient animistes et vraisemblablement l'ont été leur vie durant. Il est aussi vraisemblable qu'une partie de leurs descendants directs n'ont pas embrassé l'Islam ; ce qui a pu déterminer les premiers musulmans de Porto-Novo, (en général venus de Ilôrin) à réserver l'appellation de Yoruba aux membres de la "Souche." Mapo-Modji qui, autrefois, étaient en majorité des animistes.
La première famille Yoruba de confession musulmane de Porto-Novo notoirement connue est celle de Bawala, père du feu Imam Saroukou et dont l'ancêtre est le nommé Djinadou, ce dernier introduisit le Koran dans cette ville et y construisit la première mosquée au quartier Tôgô. Cet édifice religieux fut placé sous l'autorité de l'Imam Djitori, également originaire d'Ilôrin.
Cette famille aujourd'hui saluée par l'Oriki de "lja Makôya, ômô shiru" a des foyers secondaires à Attakè Sokomè, et leur "ibudo" ou foyer principal à Wèzounmè. Elle a, nous dit-on, une origine Peulh ou "Foulani".
Yoruba ou Nago sont-ils d'une même origine ?
Dans certains milieux, on admet sans difficulté que Yoruba et Nago sont non seulement d'une même ethnie, mais aussi les deux termes sont synonymes. D'autres personnes, par contre, tout en reconnaissant que Yoruba et Nago sont venus du Nigéria, estiment qu'il s'agit de deux ethnies différentes. C'est une erreur. En effet, les Nago, les Holli sont aussi des Yoruba au même titre que ceux qu'on désigne sous appellation de "Ogbomoshô", "Êgba", "Ilôrin" et "Ijêbu".
Les Nago ou Yoruba, premiers occupants des terres de Porto-Novo
L'étude historique de Porto-Novo fait ressortir qu'avant l'arrivée de Tè-Agbanlin en 1684, ce pays était sous l'autorité de Chefs Nago ou Yoruba installés dans les régions d'Okôrô (aujourd'hui Aklon) et Ijachèilé (aujourd'hui Jassin) dont la jonction plus tard devait donner naissance à Hôgbonou.
Divers auteurs, notamment Aguessy et Akindélé (cf Contribution à l'étude de l'ancien royaume de Porto-Novo, op. déjà cité) et Charles Koukoui (Comment les Gounnous sont devenus les tenanciers du sol à Porto-Novo), ont retracé dans leur ouvrage l'éviction par le prince fugitif Tè-Agbanlin des Chefs Yoruba, premières autorités établies dans le pays auquel le Portugais de Campos devrait donner plus tard le nom de Porto-Novo (1752).
Nous reproduisons en annexe l'étude de Charles Koukoui, administrateur ancien sous-préfet de Porto-Novo. En effet, ce petit mémoire par sa clarté, sa concision et les sources auxquelles se réfère l'auteur constituent une contribution appréciable à l'étude de l'histoire de Porto-Novo.
En conclusion
Comme nous l'avons signalé dès le premier chapitre, cette étude se veut générale. Loin de chercher à épuiser un problème aussi complexe, présentant de multiples aspects, nous voulons tout simplement ici indiquer une voie, faire les premiers pas dans un domaine encore peu exploré, une source d'où peut jaillir des enseignements capables d'enrichir notre patrimoine culturel.
A peine avons-nous achevé la rédaction des derniers chapitres de cette publication que nous constatons que le travail que nous venons d'accomplir comporte des imperfections, Mais notre objectif n'est pas d'atteindre la perfection en un seul jour, et nous n'avons nullement la prétention de présenter une oeuvre d'érudit. Notre but est surtout d'éveiller l'attention de l'opinion sur un problème trop longtemps ignoré et dont l'étude peut permettre de mettre en lumière de nouveaux aspects du notre patrimoine socio-culturel.
Enfin, devons-nous encore souligner que cette étude tend aussi à illustrer une méthode d'enquête, et à esquisser un appel à la collaboration de tous ceux qui, à divers échelons, cherchent à apporter leur contribution à une meilleure connaissance de notre passé historique et à tous ceux qui estiment que notre enrichissement par les enseignements que nous pouvons tirer de ce domaine culturel constituent l'un des matériaux indispensables à la définition de cette "voie africaine" de promotion humaine dont nous portons tous la charge et partagerons la grandeur.
Le sens de cette publication étant précisé, il nous reste à exprimer ici nos vifs remerciements à tous ceux qui, à des titres divers, notables, chefs de collectivités familiales, notamment M. Amzat Madjèbi, Alfa Alimi Ichôla, le vieux Mama, nous ont apporté leur concours. Nous exprimons particulièrement notre entière gratitude à M. Mouftaou Adéléké, à qui nous devons beaucoup de choses dans ce mémoire, notamment la pénible tâche de mise au point des "Oriki".
Pour tous, cette publication sera la récompense d'un effort commun, que consacre un travail certes imparfait, mais qui ouvre assurément la voie à de futurs succès.
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