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vendredi 24 janvier 2020







Quelques phrases Yorùbá en français


Signification ọlá


《ọlá》est un mot Yorùbá que nous traduisons généralement en français par le mot 《Richesse》à défaut de mot français plus approprié pour traduire ce concept. Le problème, cependant, est que le mot 《ọlá》 dans les noms yorùbá ne signifie pas tous la même chose. Dans le cas de "Kọ́láwọlé", je peux fournir une interprétation brève comme "(Celui qui) apporte la richesse dans la maison" mais cela ne dit pas tout ce que le nom incarne. Dans tous les cas, le mot《ọlá》exprime dans les noms est plus que la richesse nominale. C'est un mot qui mêle joie, abondance,grâce, honneur, dignité, c'est la noblesse.









vendredi 25 janvier 2019

"IYAWO" ma FEMME!!!!


L’ORIGINE DE "IYAWO; LE MOT YORUBA POUR DESIGNER FEMME !!!
De nombreux locuteurs de la langue yoruba ignorent que le mot yoruba original pour femme est "aya" et non le "Iyawo" couramment utilisé.
Dans les premières années du peuple Yoruba, le mot Iyawo n’avait pas sa place dans la langue yoruba tant qu’un incident n’a pas provoqué sa fabrication et son utilisation. OldNaija vous présente l'origine du mot yoruba Iyawo.
Origine du mot yoruba Iyawo:







Il y a bien longtemps, en terre Yoruba, une belle princesse et fille du premier roi d'Iwo, Wuraola, était à la recherche d'un mari patient, tolérant et bien élevé.
Des hommes forts et beaux, comme Sango, Ogun et d'autres, s'étaient déjà rendus dans la ville d'Iwo pour chercher la main de Wuraola en mariage, mais ils ne sont pas repartis avec une femme mais une colère incontrôlable. Wurola avait été grossier avec chacun d'entre eux. En fait, elle a lancé des insultes et des malédictions à ses prétendants, les obligeant tous à partir le jour même de leur arrivée dans la ville d’Iwo, car ils ne pouvaient pas tolérer ses mauvais comportements.
Orunmila, un bel homme, s'est également rendu à Iwo dans le but de gagner la main de Wuraola en mariage. Mais avant de partir, il avait déjà consulté Olodumare, l’être suprême, par l’intermédiaire de Ifa. Olodumare a révélé à Orunmila qu'il devait faire preuve de patience envers Wuraola et endurer ses comportements, peu importe à quel point ils étaient mauvais pour réussir dans la quête du mariage de Wuraola.
Orunmila est resté à Iwo pendant sept jours, ce qui peut être décrit comme un enfer sur terre. Wuraola n’a pas servi d’eau Orunmila, encore moins de nourriture. Elle insulta la bonté d'Orunmila mais il resta calme et lui sourit. Il a même souri quand elle utilisait son opon ifa (planche de divination) comme bois de chauffage et lorsqu'elle lui retirait sa pochette (apo ominijekun). Orunmila a bouilli de rage, mais il ne l’a pas montrée et n’a pas quitté Iwo conformément aux instructions d’Olodumare.
Quand Orunmila arriva au palais du roi d'Iwo, Wuraola l'accueillit avec un regard sifflant et méprisant. Orunmila, imperturbable, sourit et lui adressa ses salutations avec des paroles aimables et douces et offrit également des cadeaux au roi.



Le sixième jour du séjour d’Orunmila dans la ville d’Iwo, le roi d’Iwo lui a donné en mariage après avoir conclu qu’il était un homme patient, gentil et tolérant, apte à épouser sa fille. Pendant ce temps, les mauvais comportements de Wuraola étaient prévus pour tester ses prétendants afin de lui faire un mari avec de bonnes manières et de la bonne humeur. C'était une femme adorable, bienveillante et bien élevée. Orunmila était heureux d'avoir suivi les instructions d'Olodumare et le septième jour, Wuraola et lui retournaient dans leur ville. Orunmila a été accueilli et félicité par ses concitoyens pour son exploit. Quand ils lui ont posé des questions sur Wuraola, son épouse, il a répondu: «Iya ti mo je ni Iwo» (mes souffrances à Iwo). C'est ainsi que les femmes sont devenues connues sous le nom de Iya-Iwo (souffrances à Iwo) et maintenant *Iyawo*.

vendredi 5 janvier 2018

Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo

Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo 



La dense forêt sacrée d’Osun, à la périphérie de la ville d’Oshogbo, est l’une des dernières zones de la forêt primaire qui subsiste au sud du Nigéria. Elle est considérée comme la demeure d’Osun, une des divinités du panthéon yoruba. La forêt, sillonnée par la rivière Osun, abrite des sanctuaires, des sculptures et des œuvres d’art érigés en l’honneur d’Osun et d’autres divinités yorubas. La forêt, désormais considérée par tout le peuple yoruba comme un symbole identitaire, est probablement la dernière forêt sacrée de la culture yoruba. Elle témoigne de la coutume, jadis très répandue, qui consistait à établir des lieux sacrés loin de toute habitation humaine.
Brève synthèse 
Il y a un siècle, les bois sacrés abondaient sur les terres des Yorubas : chaque ville avait le sien. À l’heure actuelle, la plupart sont délaissés, ou leur superficie a beaucoup diminué. Mais à 250 kilomètres de Lagos, au cœur d’Oshogbo, capitale de l’État d’Osun fondé il y a quatre siècles dans le sud-ouest du Nigéria, la plus grande forêt sacrée qui ait survécu au passage du temps, Osun-Oshogbo, est encore vénérée de nos jours.
Dense, la Forêt sacrée d’Osun est l’une des dernières futaies primaires qui subsistent dans le sud du Nigéria. En son cœur sinuent les méandres de l’Osun, la rivière qui porte le nom de la divinité des cours d’eau, dont elle est la demeure spirituelle. Sous la frondaison, 40 sanctuaires, sculptures et œuvres d’art ont été érigés en l’honneur d’Osun et d’autres divinités yorubas, pour nombre d’entre eux au cours des quatre dernières décennies : on recense deux palais, cinq lieux saints et neuf lieux de culte disposés tout au long des rives de l’Osun, tous avec leurs prêtres ou prêtresses attitrés.
Les nouveaux ouvrages d’art installés dans la Forêt d’Oshogbo en sont la marque distinctive : elle est la seule à abriter une forte proportion de sculptures du XXe siècle, érigées pour renforcer les liens entre les hommes et le panthéon yoruba et témoigner de la manière dont les villes yorubas ont été édifiées et se sont développées au contact des esprits de la forêt.
La restauration de la Forêt par des artistes lui a conféré un regain d’importance : elle est devenue sacrée pour tous les Yorubas qui vivent au Nigéria, et un symbole de son identité pour la diaspora yoruba.
La Forêt est un site religieux dynamique, où le culte est exercé au gré de célébrations quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles, selon le cas. En outre, chaque année, durant 12 jours de juillet et d’août, des processions festives s’y déroulent, qui renouent les liens mystiques entre la déesse et la population d’Oshogbo, assurant la préservation des traditions culturelles vivantes des Yorubas.



La Forêt est aussi un herbier naturel où sont présentes plus de 400 espèces de plantes, parmi lesquelles des variétés locales, dont plus de 200 possèdent des propriétés médicinales.
Critère (ii) : Le développement du mouvement du Nouvel Art sacré et l’intégration de Suzanne Wenger, artiste autrichienne, à la communauté yoruba, ont constitué un terrain fécond pour les échanges d’idées, qui ont revitalisé la Forêt sacrée d’Osun.
Critère (iii) : La Forêt sacrée d’Osun donne l’aperçu le plus complet – et c’est peut-être aussi le seul qui subsiste – d’un phénomène jadis généralisé, qui était caractéristique de chaque établissement humain des Yorubas. Elle est aujourd’hui l’emblème des forêts sacrées yorubas et une illustration de l’appréhension de l’univers par ce peuple.
Critère (vi) : La forêt d’Osun est l’expression tangible de la manière dont les Yorubas avaient systématisé leur perception du divin et de l’universel; le festival qui s’y tient chaque année est la traduction de la croyance yoruba en ce lien qui unit le peuple, son souverain et la déesse Osun. C’est une tradition vivante, florissante et toujours en évolution.
Intégrité
Le site englobe la presque totalité de la Forêt sacrée et on peut considérer qu’il a été entièrement restauré au cours des 40 ans qui ont précédé son inscription sur la Liste. Certaines des sculptures récentes pâtissent d’une absence d’entretien régulier; compte tenu des matériaux dont elles sont constituées (ciment, fer et boue), des problèmes de conservation sont à craindre, qui pourraient se révéler difficiles et coûteux à régler.
La Forêt est également vulnérable au trop grand nombre de visiteurs et aux pressions qu’ils exercent, susceptibles de fragiliser l’équilibre entre la configuration naturelle et la population, nécessaire pour préserver au site ses qualités spirituelles.
Authenticité
L’authenticité de la forêt est attestée par sa valeur en tant que lieu saint. Mais le caractère sacré d’un endroit ne peut être continuellement réaffirmé que s’il est respecté par tous et, de fait, les nouvelles sculptures apparues dans la forêt au fil des 40 dernières années ont eu pour conséquence la consolidation de ses vertus spécifiques et la renaissance des qualités spirituelles qui lui confèrent toute sa valeur culturelle.
Mais ces nouvelles œuvres s’inscrivent dans une longue tradition, encore vivace, de sculptures qui donnent à voir la conception que les Yorubas ont de l’univers. Bien que leur modelé traduise une rupture stylistique, elles n’ont pas été créées pour glorifier les artistes qui en sont les auteurs mais plutôt, de par leur taille gigantesque et leurs formes intimidantes, pour réaffirmer le caractère sacré de la forêt. Ces nouvelles sculptures ont atteint leur but et la Forêt, en tant que lieu sacré pour les Yorubas, revêt désormais une signification qui n’est plus seulement locale, mais de portée plus vaste.
Eléments requis en matière de protection et de gestion
C’est en 1965 que la Forêt a été déclarée monument national. Cette désignation initiale a été modifiée et étendue en 1992 pour que soit assurée la protection de la totalité de ses 75 hectares. La Politique culturelle nigériane de 1988 dispose que « l’État doit préserver comme des monuments les anciens remparts et portes, sites, palais, sanctuaires et bâtiments publics, et promouvoir les bâtiments d’importance historique et les sculptures monumentales ». Dans le Land Use Act de 1990, le Gouvernement fédéral du Nigeria a placé la Forêt sous tutelle administrative du Gouvernement de l’État d’Osun.
Un plan de gestion élaboré a été adopté par l’ensemble des parties prenantes, qui couvrait la période 2004-2009, et le site bénéficie aujourd’hui d’un système de gestion participatif. Le Gouvernement fédéral administre le site par l’entremise d’un responsable de la Commission nationale des musées et des monuments, aux termes du décret 77 de 1979. Le Gouvernement de l’État d’Osun contribue à parts égales à la protection et à la gestion du site par le truchement des gouvernements locaux, ministères et entités para-étatiques placés sous son autorité, qu’il a habilités à gérer les monuments situés sur le territoire relevant de sa compétence.
C’est à l’Ataoja (roi) et à son Conseil du patrimoine culturel d’Oshogbo qu’il revient de s’acquitter des responsabilités traditionnelles et des rites culturels de la communauté. Pour protéger le site contre toutes sortes de menaces, les lois, les mythes, les tabous et les coutumes séculaires qui interdisent la pêche, la chasse, la contrebande, l’abattage des arbres et l’agriculture sont invoqués sans relâche.
Les fidèles qui exercent les cultes traditionnels avec ferveur préservent le patrimoine immatériel par leur spiritualité, leur dévotion et l’usage qu’ils font des symboles. De leur côté, les membres du comité de gestion – responsables représentatifs de l’ensemble des parties prenantes – exécutent des politiques, mesures et activités propres à assurer le développement durable du site.
La Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo est également incluse dans le Plan directeur pour le développement du tourisme national, conçu avec l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le festival annuel d’Osun-Oshogbo devra être mieux géré, de sorte que pendant son déroulement, le site ne subisse plus les incidences négatives du tourisme.
La Forêt servira de modèle pour la préservation du patrimoine africain : en effet, il ne s’agit pas de sauvegarder les valeurs matérielles et immatérielles d’un seul groupe de population – celle d’Oshogbo – mais celles de tous les Yorubas. Source de fierté pour eux, la Forêt restera un élément vivant et florissant du patrimoine national, grâce aux ouvrages traditionnels distinctifs qu’elle abrite, mais aussi parce qu’elle est le lieu d’une transmission fidèle des fondements de la religion traditionnelle et des systèmes de savoirs autochtones aux Africains de la diaspora.

vendredi 6 octobre 2017

LA TERRE ET LE MONDE EN YORUBA


LA TERRE ET LE MONDE


LA NATURE



air afẹ́

arbre igi

argent fàdákà

bois pákó

branche ẹ̀ka igi, ipẹ̀ka

brouillard ìkúùkù

chaleur iṣù-iná, ìgbóná

ciel sánmà, ọ̀run

côte etí-òkún

couleur àwọ̀

désert ìyàngbẹ-ilẹ̀

eau omi

éclair ìmọ̀nàmọ́ná

étoile ìràwọ̀

fer irin

feu iná

feuille ewé, ewéko

fleur àdòdó, òdódó

fleuve isọ̀n-omi, odò

forêt igbó, aginjù

froid otútù

fumée eéfín

glace yìnyín

herbe pápá

île erékùṣú

inondation àgbàrá

lac adágùn odò

lumière ìtànná

lune òṣùpá

mer odò, òkun

monde ayé

montagne òkègíga

neige yìnyín, omi-dídì

nuage sánmà

ombre ibojì, ìji

or wúrà, ìṣùu góòlù

papier ìwé, tákàdá

pierre òkúta

plante ẹ̀gbìn, ohun ọ̀gbìn

pluie òjò

poussière erukutu, eruku

racine irìn

rocher àpáta

sable yanrìn, iyanrìn

soleil oòrún

tempête ìjì, èfúùfù

Terre ayé

terre iyẹ̀pẹ̀, erùpẹ̀ ilẹ́

vent afẹ́fẹ́

verre dígí

LES NOMS DES ANIMAUX EN LANGUE YORUBA



LES ANIMAUX


animal ẹranko

abeille oyin, èbì

agneau ọ̀dọ́ àgùntàn

aigle ẹyẹ idì

âne kẹ́tẹ́ kẹ́tẹ́

araignée alá-ntakùn kòkòrò ẹlẹsẹ̀mẹ́jọ

autruche ẹyẹ ògò-ngò

baleine àbùùbùtan

canard pẹ́pẹ́yẹ, abo-pẹ́pẹ́yẹ

cerf àgbọ̀n rín

chameau ràkúnmí, ìbakasíẹ

chat ológbò, ológinín

cheval ẹṣin

chèvre ewúrẹ́, èkérègbè

chien ajá

cochon ẹlẹ́dẹ̀

coq àkùkọ

crabe akàn, alákàn

crapaud ọ̀pọ̀lọ́

crocodile ọ̀nì

écureuil ọ̀kẹ́rẹ́

éléphant erin, àjànàkú

escargot ìgbín

fourmi eèra, èèrùn

girafe àgùnfọ́n

gorille ìnọ̀ki

grenouille àkèré, kọ̀-nkọ̀

guêpe agbọ́n

hérisson aaka

hibou òwìwí

hippopotame ẹṣin-omi, akáko

insecte kòkòrò ẹlẹ́sẹ̀mẹ́fà

kangourou kangarú

lapin ehoro

léopard àmọ̀tẹ́kùn

lézard alá-ngbá, aláàmù

libellule lámilámi

lièvre ehoro

lion kìnìún

loup ajá igbó

mouche agboolé oníyẹ̌méjì

moustique ẹ̀fọn, yànmù-yánmú

mouton àgùntàn

oie tòló tòló

oiseau ẹyẹ

ours esì

panthère àmọ̀tẹ́kùn

papillon labalábá

perroquet oódẹ, odídẹ, odídẹrẹ́

pigeon ẹyẹlé

poisson ẹja

poule adìẹ, àkùkọ

puce eegbọn

rat èkúté, èkúté-ilé

renard kọ̀lọ̀kọ̀lọ̀

requin akurá, ekurá

rhinocéros àgbán réré

sangsue eṣúṣú, eéṣú

sauterelle ẹlẹ́tẹ

serpent ejò

singe ọ̀bọ

souris èkúté

taureau akọ màlúú

tigre àmòtẹ́kùn

tortue awun, alábawun

vache màlúu

veau ọmọ màlúù, ẹgbọ̀rọ̀

zèbre ẹṣin abìlà

vendredi 16 juin 2017

L’INITIATION IFA POUR CONNAITRE SON AVENIR AU BENIN

La consultation du Fa destin est l’une des pratiques de l’initiation Vaudou. C’est toute la base du Vaudou. Pour entamer son chemin le postulant doit d’abord passer par le lavage du destin. Ceci revient à lui laver le karma pour qu’il puisse poursuivre sa vie sur de nouvelles bases.

Tout commence par un oracle avec le Babalawo ifa (prête ifa ). Ensuite le futur initié reçoit de lui le signe de son destin, une figure symbolique qui ressemble à un tirage de Yi Qing. C’est donc une initiation entièrement personnalisée. Après, a lieu la cérémonie du lavage du destin dans le bois sacré. Une fois toutes les scories de la vie présente et des vies passées enlevées, lavées, nettoyées par la lumière, le nouvel initié peut s’offrir une seconde chance dans la vie et accéder aux degrés supérieurs de l’initiation magique. Il y a bien sûr d’autres cérémonies rituelles liées a IFa, mais nous ne pouvons tout révéler ici car c’est une pratique secrète, comme toutes les pratiques de mystères.
Ceux qui sont passés par là ont vu leur chance considérablement augmenter dans la vie. Les erreurs passées sont effacées. Les portes s’ouvrent, les rêves et les projets se réalisent, avec toujours plus de facilité. L’initié dispose constamment d’une force pour l’aider dans toutes les situations de la vie.
Il peut ensuite soit s’en tenir à cela, ce qui est déjà beaucoup. Soit poursuivre sa voie sur le chemin des degrés supérieurs de l’initiation magique.
L’initiation a IFa a lieu au BENIN berceau du Vaudou.
Comme toutes les initiations véritablement opératives et transformatrices, l’initiation au IFa dure plusieurs jours.

Tel Whatsapp (00229) 97043894
E-mail: asso.omoyoruba@gmail.com

mardi 30 août 2016

CONSULTATION ET INITIATION IFA AU BENIN EN AFRIQUE



Le Fâ sissin constitue une initiation au cours de laquelle le babalawo ou le prete fa aide l'individu à connaître son destin sur tous les plan. L'initiation au Fâ sissin conduit le candidat à mourir symboliquement et à renaître en initié de façon a connaitre ses interdits comportementaux, alimentaire etc...



le Babalawo ou le prete fa se sert du Fa-oracle pour ses voyances et consultations afin d'interroger le monde des invisibles. 



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mardi 12 juillet 2016

Origine des familles Yoruba de Porto-Novo

Reconnaissance et de détermination de l'origine des principales familles Yoruba de Porto-Novo à partir de leur "Oriki".

Qu'est-ce qu'un "Oriki"? Un "Oriki" ou "Oki" (forme contractée du même mot) constitue une série de phrases adressées sous forme de salutations à un individu. L' "Oriki" se rattache essentiellement à un ancêtre mythique commun duquel est issu unilinéairement un groupe de personnes. L' "Oriki" apparaît donc comme l'attribut d'un "clan primaire".

On est logiquement tenté de penser que les tatouages, marques faciales peuvent, à l'exemple des "Oriki" constituer un critère invariable permettant de déterminer l'origine familiale ou clanique réelle des personnes qui les portent ; ainsi, on pourrait être amené à attribuer un même "Oriki" aux individus portant les mêmes marques 'faciales. Une telle démarche est parfaitement erronée. En effet, il découle de l'enquête que nous avons menée à ce sujet que l'application des tatouages chez les Yorubas n'obéit pas à des règles strictement définies ; logiquement d'après l'organisation patrilinéaire qui caractérise l'ethnie Yoruba, les descendants d'un même individu doivent porter les marques faciales de leur ancêtre commun. Mais, il n'en est pas ainsi, pour plusieurs raisons. En effet, à la naissance d'un enfant, il est de coutume que les parents consultent le "lfa" pour connaître l'ancêtre (personne disparue ou encore en vie) qu'incarne le nouveau venu.

L'enfant portera donc les marques faciales de cet ancêtre quand bien même ce dernier n'appartient pas à la famille paternelle du nouveau-né.

Par ailleurs, l'esclave et ses descendants portent les marques faciales de la famille de leur "propriétaire" ; de même, il arrive qu'une personne appose les tatouages de sa famille sur les joues du descendant d'un ami avec l'accord de ce dernier. Et cette dernière entorse à la règle générale, compte tenu de l'organisation patrilinéaire dans l'ethnie Yoruba peut se perpétuer dans les générations futures.

En général, un individu peut avoir plusieurs "Oriki" ; cela tient au fait que l'"Oriki" varie suivant la nature des liens de parenté existant entre la personne qui adresse les salutations et l'individu à l'intention duquel l'"Oriki" est prononcé. Ainsi, une mère s'adressant à son enfant utilise, les termes de l'"Oriki" à sa famille à elle. De même le père et toutes personnes du lignage paternel se servent de l'"Oriki" de leur lignage pour adresser des salutations au même enfant. Dans le cadre de cette enquête, nous avons retenu seulement les "Oriki" propres au lignage" paternel.

Après cette tentative de définition de l'"Oriki" et de ses principales caractéristiques, nous allons aborder un autre aspect de ce problème qui a trait à l'origine des Yoruba.

En général, on sait que les Yoruba, descendants du légendaire personnage dénommé "Oduduwa", sont originaires du Nigeria. Mais à notre grande surprise, nous avons constaté que beaucoup de personnes de cette ethnie installée au Dahomey notamment les familles Yoruba de Porto-Novo ignorent elles-mêmes la localité du Nigeria d'où sont venus Ieurs ancêtres. On a souvent prétendu que la plupart des Yoruba sont venus d'Oyô, d'où le nom d' "Oyônou" communément attribué aux Yoruba de Porto-Novo. L'examen du contenu des "Oriki" des principales familles Yoruba de cette ville apporte un démenti catégorique à cette idée.

Signalons tout d'abord que le contenu d'un "Oriki" se rattache à une entité bien définie, caractéristique d'un "clan primaire" appelé "Onilê" ou "Orilê". C'est à travers cet attribut que l'on détermine l'origine réelle des individus dont elle constitue un élément commun. Nous avons pu recenser au cours de notre enquête plus d'une trentaine d' "Onilê" dont quelques-uns ne se trouvent pas représentés parmi les familles Yoruba de Porto-Novo.

Liste des "Orilé" et de leurs origines
OrilêOrigine
Layibadé (Makpo-Modji) Papo (banlieu de Oyô) 
Êgba (Majo-Majô) Abêotuta
OlôyêIgbeti
Omô ObaOyô 
OlôjêOyô 
Ijésha Owa
Elêsê (Onigo Ariyô) Oko
Ogogo (Makô Marê)Oyô 
OlôfaOfa 
Iré Mogun Iré
OlobaOyô
Olola (Jeni Agbe)?
Onikô (Majê Majo)Oyô
ImaduElêrin 
OnifêIfê
OlomuOmu
Onilôkô?
OpoIkirun
Ikoyi (Maté-Magbo)Ikoyi
OlogbinOyô
Omô lsêyinIseyin
ljêbuIjêbu
Moro Masho?
ObinjaTakpa
Mapo KutureHausa
Ara OjeOpetu
OrangunIla
AjejeIresa
IbadanIbadan
IkôléIkôlé
IlôrinIlôrin
Alaran?
IkirunIkirun
AjéroAjéro
OlupoIra
OlufonObulu
Les ancêtres de certaines familles Yoruba installées à Porto-Novo, sont venus au Dahomey après avoir transité par Oyô ou Ilorin.


Comment sont distribués ses principaux "Orilê" parmi les grandes familles Yoruba de Porto-Novo ?

Notons que deux "Orilê" de loin les plus importants couvrent un grand nombre de familles Yoruba à Porto-Novo ; ce sont : Layibadé communément connu sous l'appellation de Mapo-Moji et Majo-Majô, supposés être des Êgba.

1. LAYIBADE

Traditionnellement, les "Layibadé" ou Mapo-Moji sont considérés comme les premiers Yoruba installés à Porto-Novo. Ils portent en principe six cicatrices faciales dont trois horizontales et trois, verticales ou huit horizontales. Mais toutes Ies variations qu'on peut noter ne résultent d'aucune règle stricte. La pratique des cicatrices faciales a été d'ailleurs abandonnée par les Mapo-Moji et la plupart des Yoruba depuis fort longtemps, bien avant l'institution de la nouvelle réglementation interdisant cette coutume.

Les ancêtres des Mapo-Moji sont Agbanrin et Aké qui, selon certaines sources ne sont pas frères. Ils sont originaires de Ipapo (banlieue d'Oyô).

Agbanrin et Aké seraient venus à Porto-Novo, à la même époque que les nommés Afanja, Boro (ômô ôba) et Olalêmi (ôgô ômô ôba) en vue de rendre visite à la première personne d'ethnie Yoruba installée au Dahomey la nommée Abêsan, une prêtresse esclave ayant "échoué" à Porto-Novo par la guerre. Abêsan, à la suite de couches mystérieuses aurait donné naissance le même jour à neuf enfants dont quatre garçons et cinq filles.

A son arrivée à Porto-Novo, elle fut installée à l'emplacement que l'on reconnaît être l'actuel quartier de Okôrô où coule aujourd'hui un marigot, dédié à la mémoire de cette première Yoruba installée à Ajashê…

De nos jours, les Layibade ou Mapo-Moji se répartissent dans trois quartiers presque contigus : Fièkomè où se trouvent les descendants d'Agbanrin, Lokossa et Adomey qu'occupent ceux d'Aké. A leur arrivée à "Hôgbonoù" Agbanrin et Aké, s'étaient installés à Fièkomey. Au cours du voyage qu'il effectuait à Porto-Novo en compagnie d'Agbanrin, Aké eut un fils nommé Adétôna qui plus tard devait élire résidence à Lokossa où naquit de lui, le nommé lbikunlé. Après la naissance de ce dernier, Adétôna vint à nouveau se fixer à Adomey où il eut un autre enfant nommé Laguidé.

On retrouve également à Adomey, aujourd'hui, les descendants de Adégbitê, jeune frère de Oluwo et parent de Adétôna. Ceux-ci se rattachent également au lignage des Mapo-Moji. Enfin, notons qu'un foyer de Mapo Moji se trouve localisé au quartier Gbassou-Komè (Ita-Koto) ; ce sont les descendants de Adéchina (Oshé leni bi Ojo) qui à la suite de discordes avec ses neveux quitta Adomey pour s'installer à Wêzounmè. Il devient plus tard l'Oluwo. Très riche, il acheta beaucoup d'esclaves qui aujourd'hui, sont considérés dans certains milieux comme des Mapo-Moji.

2. MAJO-MAJO (ÉGBA)

Le deuxième "Orilê" également de loin de plus répandu dans les familles Yoruba de Porto-Novo est celui des Majo-Majô,, qui selon certaines sources autorisées serait "Êgba", originaire d'Abêokuta. Le foyer initial des Majo est au quartier Fila et s'est étendu à la famille Badarou Pèlè. Aujourd'hui, on regroupe sous cet Oriki un grand nombre de familles réparties dans les quartiers suivants -: Zèbou (Zèbou-Kpota, Zèbou-Agah notamment la famille du feu El-Hadj Imorou Tidjani Adjao), le quartier Sadognon (famille Lassissi Gbadamassi, famille du feu El-Hadj Chitou),. le quartier Adomey Oké-Lokossa, (famille de Sadikou Ola Biwonnou).

3. OLOYÊ ou MAPO-OJI

Les origines de cet "Orilê" se situent à Oyô et Gbêti. La principale famille porto-novienne saluée par cet "Oriki" est celle de "Olushi" au quartier Kpota. Les "Olôyê" se retrouvent également au quartier Ayéôba (Okélana), au quartier Oja Êru, à Agbokomey, la famille Baba Shango de Zèbou-Massè relève également de cet "Orilê".

Mais il y a litige en ce qui concerne l'attribution de l' "Oriki" de Olôyê à la famille Olalêyê Agbantou. En effet, certaines sources affirment que, le feu Olalêyê Agbantou dont l'"Oju Ori" c'est-à-dire le principal foyer originel à Porto-Novo se situe au quartier Tôgo (Kaêchin), devrait être rattaché au lignage de "Olôfa". Une discussion reste ouverte sur ce point.

4. OMO OBA OYÔ

Cet "Orilê" également appelé Omô Gboluwadje a pour principaux représentants à Porto-Novo les familles Paraïso, Balley et Damala, Imam Adjilèyè apparenté à la famille Bouraïma du quartier Hassou.

Les descendants des grandes familles porto-noviennes se rattachant à cet "Onilê" sont les nommés Afanja, l'un des premiers Yoruba venus au Dahomey ,environ à la même époque que Agbanrin (Olayibade), Boro et Olalemi.

5. OLOJÊ

La famille de Akanni Agbo du quartier Fila est unanimement reconnue comme la principale souche "Olôjê" à laquelle se rattache la famille parente du quartier Oja Êru (famille de Latif Titus).

La tradition attribue également, sans les y rattacher, l' "Oriki" de cet "Orilê" à tous l'es joueurs de tam-tam dit "gangan". Il existe également au quartier Lokossa et à Kpokomey un petit foyer Olojê (famille Gbadamassi).

6. IJESHA OU MARO-MAPÉ

Le principal foyer des Ijêsha que certains désignent sous l'appellation de Marô-Mape se situe au quartier Itèkpolou-Yoruba, leur ancêtre est Lawore Alawoki, prédécesseur de Adegbindin auquel a succédé Lawore, lui-même déjà décédé ; il semble que le représentant actuel de cette famille est Salami Igué. On retrouve parmi les ljêsha certaines familles "Goun-Yoruba" de Porto-Novo, notamment la famille Hanna du quartier Kandévié Alôbatin à Porto-Novo.

Cet "Orîlê" est également représenté par la famille Salou Ogoun du quartier Itagogo, et d'autres petits foyers très dispersés d'ailleurs ; notamment la famille de El-Hadj Séfou dont les ancêtres seraient fixés à Adjarra (banlieue de Porto-Novo) et dont on retrouve certains éléments au quartier Gbassou-Komey.


7. ONIGO ARIYO OU ELESE

Onilê dont l'origine se situe à Oko, Elêsê encore connu sous l'appellation de Onigo Ariyô est notamment représenté parmi les Yoruba de Porto-Novo par la famille Abêwô dont le foyer principal est au quartier Fièkomey. On retrouve de nos jours des membres de cette famille au quartier Itatiguiri (Baba Doudou), et à Déguè-Gare.

8. OGOGO OU MAKO-MARE

Les "Ogoggo" connus surtout sous le nom de Makô-Marê paraissent constituer de grandes familles qui d'ailleurs ne se reconnaissent aucune sorte de lien, contrairement à ce qu'on retrouve parmi les autres "Orilê" représentés à Porto-Novo, Il est bien vrai que ceci n'a rien d'étonnant eu égard au fait que notre critère de détermination est l' "Orilê" (ancêtre originel commun).

On peut d'ailleurs trouver une explication a cela. Les Makô-Marê sont représentés par les familles dont les foyers principaux à Porto-Novo sont nettement distincts. Trois familles Yoruba de Porto-Novo sont saluées par l'Oriki de Makô-Marê:

- La famille Yaya Oye du quartier Wèzounmè ;
- La famille Amushan dont le chef est Odunbaku, actuel "Alagba" du culte Egun de Porto-Novo ; venue d'Adjarra, cette famille s'est établie au quartier Adomey ;
- La famille Dine du quartier Adjégounlè paraît d'ailleurs de loin la plus représentative des IMakô-Marê.

9. OLOFA

Comme nous l'avons mentionné plus haut, la famille Lalêyê de l'avis de certaines sources autorisées relève de cet Orilê. Il en est de même de la famille Alao Fary.

10. IREMOGUN

Orilê essentiellement représenté à Porto-Novo par la famille Fagbohoun du quartier Zèbou Abèrèwô. La famille Sayi dont l'origine Yoruba n'est pas encore mise en lumière, a conservé cependant le principal attribut de cet "Onilê", le métier du fer. La famille Sayi dont le foyer principal est à Aglansa exerce traditionnellement la profession de forgeron ou de ferblantier. Les "Ire Mogun" sont les adeptes du "Gou", divinité du fer.

L'autel de cette divinité est au quartier Goukomey. Notons par ailleurs que l' "Oriki" Ire Mogun s'applique également par tradition à tous les travailleurs du fer sans que ceux-ci aient effectivement quelque attribut originel de cet "Orilê". En est-il ainsi de la famille Sayi ?

11. OLOBA

Olubêgo, originaire d'Oyô, d'une extension restreinte, est représenté par deux familles, celle des Lala et celle des Adebinpe qui sont d'ailleurs des frères nous dit-on. On les retrouve aujourd'hui au quartier Madourou Ôja Êlêgba. Leur foyer originel se situe au quartier Hlinkomey.

12. OLOLA OU JENI AGBE
La famille "Akin Ocho" de Idi Obô représente cet Orilê à Porto-Novo.

13. ONIKO OU MAJE MOJÔ

Onikô est essentiellement représenté à Porto-Novo par la famille Boussari du quartier Agbokomey dont on retrouve un important foyer secondaire à Ahouantikomè (famille Ala).

14. IMADU OU ELERIN

L' "Oriki" de cet "Orilê" s'adresse principalement, à deux familles porto-noviennes : la famille Akanni du quartier Zèbou-Aga et la famille Onifadé de Adankomey. Comme on peut le constater, les membres de ce deux familles portent des marques faciales totalement différentes. Cette constatation corrobore l'une des remarques mentionnée au
début de cet article à savoir qu'il est difficile de se servir uniquement des marques faciales pour déterminer l'origine "clanique" des Yoruba.

15. ILEFE

La famille Faladé fixée au quartier Ouinlinda, représente cette souche à Porto-Novo- Il est très vraisemblable qu'il existe d'autres foyers "Onifê" que nous n'avions pu recenser.

16. OLOMU

La famille Ibitochô de Kpokômè et celle de Moustafa Êyêba de Sokômè représentent cet "Orilê".

17. ONILOKO

Onilê qu'il ne convient pas de confondre avec Onikô (famille Boussari) déjà mentionné est représenté par la famille Jêgêdê du quartier Zèbou-Agah une famille assez bien connue.

18. OPO

"Opo" regroupe deux grandes familles, celle de Affoyon du quartier Tatiguiri et la famille da Matha du quartier Wèzounmè.

19. IKOYI

Ikoyi ou Maté Magbo est l' "Orilê" dont les "Oriki" couvrent la famille Abassi du quartier Tatiguiri, la famille Egounléti du quartier Zèbou et la famille Maladé du quartier Zèbou-Kpota.

20. OLOGBIN


On retrouve sous la barrière de cet Orilê, la famille Osséni du quartier Donikin.


SHANGO (Encadré)

Shango, originaire d'Oyô, a été chassé de cette localité par Gbanka, rival de Timi. On raconte que sous le règne de Shango à Oyô vivaient deux éléments irréductibles et puissants, Gbanka et Timi, que Shango décida d'envoyer à une série d'expéditions dans l'espoir qu'ils se feraient tuer en guerre. Hélas, il n'en fut rien, Gbanka et Timi, revenaient toujours victorieux. On sait que Shango, qui se manifeste sous forme de foudre a également pour attribut le feu qu'il crache d'ailleurs de sa bouche pour terroriser ses sujets. Le puissant Gbanka, après avoir réussi à éloigner son principal rival Timi qui alla se fixer à Edê, fit une redoutable démonstration à la population d'Oyô. Pour ce faire, il rassembla un tas de matières combustibles sous lequel il se coucha et demanda qu'on le brûlât vif. Grand fut l'étonnement des Yoruba d'Oyô, lorsque après que le feu ait tout dévoré, on retrouva. sain et sauf Gbanka qui venait ainsi de démontrer à tous qu'il détenait un pouvoir de résistance au feu plus grand' que celui, de Shangô, roi d'Oyô.

C'est alors que Gbanka donna un délai de cinq jours à Shango pour quitter Oyô et se rendre au pays de sa mère, en terre "Tapa". C'est aussi pour cette raison d'ailleurs que les adeptes de "Shango" ne doivent pas, lorsqu'ils se réunissent pour déterminer la date de commencement des cérémonies en l'honneur de cette divinité, fixer un délai qui excède cinq jours.

Donc, lorsque arriva le cinquième jour fixé par Gbanka, Shango se retira dans la banlieue d'Oyô en compagnie de quelques amis qui d'ailleurs l'abandonnèrent vite, et de sa femme préférée Oya.

Pris de désespoir et se sentant seul, il se pendit à la tombée de la nuit. La nouvelle fut vite répandue dans la ville d'Oyô par les personnes qui revenaient du marché le soir. Tous les anciens sujets de Shango accoururent de tous côtés ; étonnés de cette nouvelle, ils cherchèrent à démentir le fait en disant : "Olukoso", (le roi ne s'est pas pendu). On a depuis lors conservé à cette localité de la banlieue d'Oyô devenue historique le nom de "Olukoso" ou "Koso" et par extension aux endroits où se trouve en pays Yoruba, un autel de Shango. La divinité "Shango" fut introduite à Porto-Novo par le nommé Ojo ancêtre de la famille Oloye de Zèbou-Massè.

Aujourd'hui, il n'existe plus d'adeptes de Shango dans cette famille déjà islamisée. Cependant une famille Yoruba-Goun de Porto-Novo (la famille Idohou) qui semble-t-il n'avait aucun lien originel avec Shango détient de nos jours la responsabilité de l'autel de cette divinité.

N.B. - Shango à proprement parler n'est pas un Orilê ; il fut l'un des rois d'Oyô. Il est donc "Omô ôba".

21. OMO ISEYIN

Ce sont les originaires d' "Isêyin". Nous retrouvons sous cette appellation une famille dont le foyer principal est à Bagoro, celle dont l'actuel chef est le nommé Lawani El-Hadj Sani, une vieille notabilité de Porto-Novo, communément connue sous le nom de Ajao Olumata du quartier Bagoro-Fila. Le nommé Salou, ancêtre de cette famille, à son arrivée à Porto-Novo, s'est d'abord établi, au quartier Guévié ; mais il ne semble pas qu'il y ait fondé un foyer puisqu'on n'y retrouve aucun de ses descendants. Ce fut donc par la suite qu'il s'installa à Bagoro, d'ailleurs en compagnie du "fondateur" des actuelles familles Sounkere et El-Hadj Bouraïma, ce dernier, l'un des premiers musulmans de Porto-Novo à avoir accompli le pélerinage à la Mecque est encore en vie.

De Salou, naquit Bouraïma (ce n'est pas celui qui vient d'être cité) qui ,eut plusieurs enfants dont Akadiri, Lawani, Osanda, Rebija et Badarou.

Les ancêtres de cet "Orilê" sont considérés comme les adeptes du culte "Oro" d'ailleurs au même titre que les Êgba. Il suffit pour S'en convaincre d'analyser le contenu des "Oriki" respectifs de ces deux "Orilê". En effet, on y retrouve plusieurs passages qui se recoupent.

Êgba et Isêyin auraient-ils un ancêtre commun ? Certains le pensent.

Notons par ailleurs que la famille Salou du quartier Bagoro a eu, nous dit-on, quelques liens mal définis avec les Jeni Agbe (cf lya Oni gba nla) famille Akin Ocho, du quartier Idi Obô. En effet, on retrouve à tort d'ailleurs, dans l'oriki de la famille Salou, des termes propres aux "Jeni Agbe" ; notamment l'appellation de Mapo-Mossi" traditionnellement réservée au Jeni Agbe.

On constate cette forme d'assimilation dans un grand nombre de familles Yoruba de Porto-Novo.

22. MAPO BATURE, MAPO KUTURE


Cet "Orilê" est d'origine Haoussa. Il regroupe aujourd'hui un certain nombre de familles assez vastes entre lesquelles il n'existe aucune sorte de lien ; ce sont :

- La famille Adjibadé du quartier Wèzounmè ; son ancêtre est Orekan (Balogoun) général Yoruba qui dirigea la guerre contre l'armée Ègba sous le règne de Dè-Mèkpon. Les Yoruba rentrèrent victorieux à Porto-Novo en chantant:

Êgba salô awa lapa akodudu loju ina
Êgba salô agira lapa ogogo ni fila.
Êgba salô ti ôwô ba t'Êgba a'ke hêri

- La famille Osséni, dont le foyer originel se situe au quartier Idioro, s'est établie de nos jours à Sadognon.
- La famille Lawani du quartier Déguè Idiaraba dont l'actuel chef est le nommé Yessoufou Baba Oni Fila.

Notons par ailleurs que cette famille s'est étendue ces dernières années à celle du feu El-Hadj Afolabi Alao du quartier Idioro. Nous ignorons d'ailleurs les raisons qui ont motivé cette extension. La famille du feu Afolabi Alao, est traditionnellement rattachée à celle de Ibitocho dont l'orilè est "Olomu".
- La famille Emmanuel, famille d'origine portugaise, du quartier Itagogo, relève aussi de cet "Orilê".

23. OBINJA

C'est l' "Orilê" des "Tapa" dont le foyer originel ancestral n'est pas situé en terre Yoruba. De même que le "Engun" est un des cultes Yoruba, le "Gunuko" ou "Gunu" est le principal culte Tapa.

L' "Oriki" de cet "Orilê" s'applique à trois familles bien connues à Porto-Novo :

- La famille Soumanou Gomez, ancienne famille d'origine portugaise dont le foyer principal est au quartier Atakpamè. De toutes les familles Tapa de Porto-Novo, elle a été reconnue comme la seule détenant un autel du culte "Gunuko" ;

- La famille Abiôla, famille Tapa dont l'ancêtre serait venu au culte "Egun" compte tenu des exigences de Ifa. Cette famille s'est établie à Adomè ;

- La famille Tapa du quartier Attakè.

Notons également que certaines sources déclarent que la famille du feu El-Hadj Sanoussi du quartier Djakomè relèverait de cet "Orilê".

24. IJEBU

Un grand nombre de familles Yoruba n'ayant entre elles aucun lien se retrouvent sous la bannière de cet "Orilê" ; ce sont notamment :

- La famille Oguebule (Ijêbu Ode) du quartier Ahouantikomê, seule, semble notoirement la plus représentative de cet "Onilê".

Mais il existe également d'autres importants foyers qui se rattachent à cette source ; ce sont notamment :

- La famille Adjibi à laquelle est apparentée une importante famille Goun (Zounon). Les Adjibi qui ont leur foyer principal à Guévié sont encore appelés "Omô Morohunfolu" expression qui, à juste titre peut conduire à les ranger sous le titre de "Olalômi" ou "Ola". Cette famille dont l'ancêtre descend du roi "Awujale d'Ijebu" a aujourd'hui à sa tête M. Amzat Bouraîma Madjebi, un des notables de Porto-Novo. Elle est saluée par l'oriki de "Modun Njaro".

- La famille Modun Njaro famille de Imam Moukhtar du quartier Sokomè ;

Un groupe de deux familles dont le foyer principal se situe à ltèkpolu Imalé (famille d'El-Hadji Tiamiou Alaga notamment) a selon certaines sources dignes de foi une origine "Ijebu".

On affirme également sans aucune précision que la famille de El-Hadj Aminou Tawakalitou, l'actuel Sériki de la communauté Musulmane de Porto-Novo, parent du feu Imam Bello devrait appartenir à cet "Orilê".

Cette famille est saluée, semble-t-il, sous l' "Oriki" de "Modun Mêrin".

25. MORO-MASHO
Nous avons retrouvé sous le sigle de cet Oriki un certain nombre de familles, notamment :

- Celle de Baba Tade Abdoulaye du quartier Itatôgônou ;
- Celle de Kôssôkô du quartier Ogan'la ;
- Enfin une famille dont le foyer principal se situe au quartier Ayantèdo. Notons que c'est dans cette dernière famille que se recrutent traditionnellement à Porto-Novo les batteurs de tam-tam dit "gangan".

Nous n'avons pas pu définir l' "Orilê" auquel pourrait se rattacher la souche "Moro-Masho".

Nous venons de passer rapidement en revue les quelques "Orilê" représentés parmi les familles Yoruba de Porto-Novo. Certains "Onilê" parmi lesquels Orangun, Ajeje, Ikirun, Ajero, Olupo, Olufôn, Ara Oje, Alaran, etc., ne semblent pas exister ici ; si nous n'avons rencontré au cours de notre enquête aucune famille à laquelle on pourrait attribuer ces "Oriki", il est cependant possible que des personnes isolées, c'est-à-dire, n'ayant pas à Porto-Novo une famille étendue ou un foyer familial anciennement établi (ibudo) peuvent prétendre représenter ces "Orilê".

De cette étude qui demeure encore très générale dans son objet et dans sa méthodologie se dégagent certaines constatations, caractéristiques de nombreuses familles Yoruba de Porto-Novo, à savoir :

- L'existence de liens plus ou moins solides unissant un grand nombre de familles entre elles ; ces liens en général, établis de vieille date, se traduisent dans la pratique par une forme d'assistance mutuelle surtout pendant ces multiples cérémonies qui marquent la vie quotidienne des Yoruba de Porto-Novo, et très souvent par une forme d'assimilation dans les "Oriki" ; ce qui a d'ailleurs constitué pour nous une certaine source de difficultés dans nos démarches d'identification. Nous avons cité comme exemple le cas de la famille Salou de Bagoro, originaire de Isêyin, à laquelle s'applique aujourd'hui à tort l'appellation de "Makpo-Mossi", Oriki qu'on attribue traditionnellement dans certains milieux aux "Jeni Agbe" dont l'"Orilê" est "Olôla". Nous avons tenté de fournir une à cette forme d'assimilation, qui d'ailleurs n'existe réellement que sur le plan d' "Oriki", par une certaine présence de liens amicaux assez lâches anciennement établis entre ces deux grandes familles ; il nous est aussi apparu au cours de notre enquête que la même famille précitée a des liens analogues avec un petit foyer de "Makô-Marê" du quartier Tatigri L'explication que nous avons fournie demeure-t-elle toujours valable ? Quoiqu'il en soit, on doit poser le problème car il est d'importance compte tenu de l'existence de nombreux autres cas analogues.


- La deuxième constatation est qu'un nombre non négligeable de Yoruba de Porto-Novo pensent qu'il convient de réserver exclusivement l'appellation de Yoruba aux membres de la "souche" ou à d'autres personnes de la même ethnie ayant des tatouages similaires. Les éléments Yoruba qui tiennent ce raisonnement s'attribuent le titre de "Imalé", ce que les Gouns de Porto-Novo désignent sous l'appellation de "Malénou", c'est-à-dire le Musulman.

C'est là une erreur assez grave que commettent beaucoup de gens. Mais cette situation semble résulter d'une série d'événements. Comme nous l'avons signalé au début de cette étude, les avis concordent généralement que les ancêtres des "Mapo-Moji" semblent être les premiers Yoruba établis à Porto-Novo. Après la conquête de Ajashê-llé par Tè-Agbanlin, les premiers nouveaux éléments Yoruba venus du Nigéria étaient des animistes, car selon Paul Marty, "l'origine toute première de la communauté musulmane remonte à Dè-Tognon. père de Dè Mèkpon et prédécesseur de Dè-Sodji" : et le premier Imam Djamiou de cette localité, un Haoussa (Séïdou) fut désigné vers 1850 seulement.

Aussi, a-t-on toujours conservé l'appellation de "Yoruba" aux Mapo Moji, celle de "Imalé" à tous les autres éléments en général Musulmans de la même ethnie. Cela tient-il aussi au fait que la "Souche" Mapo-Moji semble être l'un des principaux foyers Yoruba de Porto-Novo comprenant en son sein un nombre assez important d'éléments de confession non musulmane ?

Quoiqu'il en soit, c'est une erreur ou une confusion assez grave qu'il convient de souligner, laquelle erreur d'ailleurs se reproduit fréquemment lorsque dans les mêmes milieux on établit une différence entre le Yoruba et le Nago.

Le problème est alors de savoir s'il existe réellement une différence d'origine et d'ethnie entre les personnes que l'on désigne ici sous des appellations différentes de "Yoruba" , "Nago" et "Imalé".

Le terme "Imalé" désigne une, personne qui pratique la religion islamique ; il définit donc une confession -et non une ethnie ; aussi, le Fon, le Goun ou le Yoruba professant la foi islamique est appelé "Imalé" ou "Malènou". C'est donc une grave erreur que commettent certains "Yoruba" qui, du fait qu'ils sont musulmans, renoncent en quelque sorte à leur appartenance à l'ethnie Yoruba qui témoigne leur origine.

Certes, il est évident que les premiers Yoruba notamment les ancêtres de Mapo-Moji établis à Porto-Novo après Tè-Agbanlin, étaient animistes. Mais, on ne doit pas perdre de vue que l'animisme (Orisha) au même titre que l'Islamisme est une religion. La seule différence est que celui-là relève du polythéisme, et celui-ci du monothéisme. Le terme "Yoruba" indique une origine, c'est-à-dire un état permanent qu'on ne peut renier, tandis que les termes "abô orisha" (animiste) et "Imalé" (musulman) désignent des cultes comme tels un état sujet à des changements possibles.

Par ailleurs, cette confusion entre le "Yoruba" et le Musulman qui remonte à une époque lointaine se retrouve à différents niveaux notamment quand on cherche à déterminer l'époque d'introduction de l'Islam à Porto-Novo, ou celle de l'établissement des premiers Yoruba dans cette cité. C'est ainsi que dans leur ouvrage d'une valeur documentaire indiscutable (Contribution à l'Etude de l'Ancien Royaume de Porto-Novo), MM. Akindélé et Aguessy font remonter l'apparition de l'Islam en terre porto-novienne à Dè-Ayikpé (1775-1783) alors que Paul Marty comme nous l'avons mentionné plus haut souligne que la toute première apparition de cette religion remonte seulement à Dè-Tognon (1828-1836). MM. Akindélé et Aguessy notent également que l'islam fut introduit par les premiers Yoruba sous l'impulsion, disent-ils de "leur chef Adéchina assisté de son neveu Agbanlin". Paul Marty pense que les agents de l'avènement de cette religion dans le royaume de Porto-Novo sont les Yoruba et les Haoussa, sans d'ailleurs préciser s'il s'agissait des premiers Yoruba. Le problème qui se pose est donc le suivant : l'Islam fut-il importé à Porto-Novo par les premiers Yoruba, ce qui laisserait supposer que ces premiers Yoruba étaient des Musulmans avant leur établissement en terre Porto-Novienne. Ou bien comme on peut le déduire de la thèse de Paul Marty, l'apparition de cette religion est postérieure à l'établissement des Yoruba. Les données que nous avons recueillies au cours de notre enquête nous incitent à soutenir cette dernière thèse celle de Paul Marty). En effet, il est notoirement reconnu que les premiers Yoruba venus à Porto-Novo après l'invasion de Tè-Agbanlin, incontestablement les ancêtres des "Mapo-Moji" (Adéchina, Aké et Agbanrin), étaient animistes et vraisemblablement l'ont été leur vie durant. Il est aussi vraisemblable qu'une partie de leurs descendants directs n'ont pas embrassé l'Islam ; ce qui a pu déterminer les premiers musulmans de Porto-Novo, (en général venus de Ilôrin) à réserver l'appellation de Yoruba aux membres de la "Souche." Mapo-Modji qui, autrefois, étaient en majorité des animistes.

La première famille Yoruba de confession musulmane de Porto-Novo notoirement connue est celle de Bawala, père du feu Imam Saroukou et dont l'ancêtre est le nommé Djinadou, ce dernier introduisit le Koran dans cette ville et y construisit la première mosquée au quartier Tôgô. Cet édifice religieux fut placé sous l'autorité de l'Imam Djitori, également originaire d'Ilôrin.

Cette famille aujourd'hui saluée par l'Oriki de "lja Makôya, ômô shiru" a des foyers secondaires à Attakè Sokomè, et leur "ibudo" ou foyer principal à Wèzounmè. Elle a, nous dit-on, une origine Peulh ou "Foulani".

Yoruba ou Nago sont-ils d'une même origine ?

Dans certains milieux, on admet sans difficulté que Yoruba et Nago sont non seulement d'une même ethnie, mais aussi les deux termes sont synonymes. D'autres personnes, par contre, tout en reconnaissant que Yoruba et Nago sont venus du Nigéria, estiment qu'il s'agit de deux ethnies différentes. C'est une erreur. En effet, les Nago, les Holli sont aussi des Yoruba au même titre que ceux qu'on désigne sous appellation de "Ogbomoshô", "Êgba", "Ilôrin" et "Ijêbu".

Les Nago ou Yoruba, premiers occupants des terres de Porto-Novo

L'étude historique de Porto-Novo fait ressortir qu'avant l'arrivée de Tè-Agbanlin en 1684, ce pays était sous l'autorité de Chefs Nago ou Yoruba installés dans les régions d'Okôrô (aujourd'hui Aklon) et Ijachèilé (aujourd'hui Jassin) dont la jonction plus tard devait donner naissance à Hôgbonou.


Divers auteurs, notamment Aguessy et Akindélé (cf Contribution à l'étude de l'ancien royaume de Porto-Novo, op. déjà cité) et Charles Koukoui (Comment les Gounnous sont devenus les tenanciers du sol à Porto-Novo), ont retracé dans leur ouvrage l'éviction par le prince fugitif Tè-Agbanlin des Chefs Yoruba, premières autorités établies dans le pays auquel le Portugais de Campos devrait donner plus tard le nom de Porto-Novo (1752).

Nous reproduisons en annexe l'étude de Charles Koukoui, administrateur ancien sous-préfet de Porto-Novo. En effet, ce petit mémoire par sa clarté, sa concision et les sources auxquelles se réfère l'auteur constituent une contribution appréciable à l'étude de l'histoire de Porto-Novo.
En conclusion

Comme nous l'avons signalé dès le premier chapitre, cette étude se veut générale. Loin de chercher à épuiser un problème aussi complexe, présentant de multiples aspects, nous voulons tout simplement ici indiquer une voie, faire les premiers pas dans un domaine encore peu exploré, une source d'où peut jaillir des enseignements capables d'enrichir notre patrimoine culturel.

A peine avons-nous achevé la rédaction des derniers chapitres de cette publication que nous constatons que le travail que nous venons d'accomplir comporte des imperfections, Mais notre objectif n'est pas d'atteindre la perfection en un seul jour, et nous n'avons nullement la prétention de présenter une oeuvre d'érudit. Notre but est surtout d'éveiller l'attention de l'opinion sur un problème trop longtemps ignoré et dont l'étude peut permettre de mettre en lumière de nouveaux aspects du notre patrimoine socio-culturel.

Enfin, devons-nous encore souligner que cette étude tend aussi à illustrer une méthode d'enquête, et à esquisser un appel à la collaboration de tous ceux qui, à divers échelons, cherchent à apporter leur contribution à une meilleure connaissance de notre passé historique et à tous ceux qui estiment que notre enrichissement par les enseignements que nous pouvons tirer de ce domaine culturel constituent l'un des matériaux indispensables à la définition de cette "voie africaine" de promotion humaine dont nous portons tous la charge et partagerons la grandeur.

Le sens de cette publication étant précisé, il nous reste à exprimer ici nos vifs remerciements à tous ceux qui, à des titres divers, notables, chefs de collectivités familiales, notamment M. Amzat Madjèbi, Alfa Alimi Ichôla, le vieux Mama, nous ont apporté leur concours. Nous exprimons particulièrement notre entière gratitude à M. Mouftaou Adéléké, à qui nous devons beaucoup de choses dans ce mémoire, notamment la pénible tâche de mise au point des "Oriki".

Pour tous, cette publication sera la récompense d'un effort commun, que consacre un travail certes imparfait, mais qui ouvre assurément la voie à de futurs succès.

mercredi 8 juin 2016

LES DIVINITES YORUBA

LES DIVINITES YORUBA



En raison de leur population importante en Afrique occidentale et leur grande dispersion par l'esclavage dans les Amériques, les Yoruba sont probablement la culture ethnique d’Afrique de l'Ouest la plus connue dans le monde. En Afrique, le Nigeria et la République du Bénin ont la plus grande concentration de l’ethnie Yoruba. Dans les Amériques, les influences culturelles Yoruba sont les plus marquées au Brésil, Cuba, Haïti, Jamaïque, Trinidad, Tobago et, en particulier dans les religions des masses, y compris Vaudou, Santeria, Camdomblé et Macumba, etc. En 1989, on a estimé que plus de soixante-dix millions de peuples africains et du Nouveau Monde pratiquaient une forme ou une autre de la religion yoruba.



Quelques Orishas

Olorun
Aussi appelé Olodumare, Olofin-Orun, Ogus, Oba-Ajiki
Il est le père du ciel et créateur de l’univers, parfois androgyne ou femelle. Dieu de la paix et de l’harmonie il contrôle tous ce qui est blanc. (nuages, les os..) Olorun signifierait « propriétaire de l’utérus arc-en-ciel », ce sui devrait être compris symboliquement comme le dépositaire de la somme des couleurs possibles, le blanc, qui sous l’action du prisme donne l’infinie multitude des couleurs. Olorun est le père d’Obatala lui-même père des Orishas, et de Odudua (Oduduwa) que nous avons déjà rencontré et qui serait l’ancêtre des rois yoruba.

Aganju
Aganju est le dieu des volcans et des déserts (Saint Christophe).Il serait le troisième Orisha apparu sur la terre il est associé avec Shango dont il serait ou le père ou le frère. Il est en relation avec l’épaule. Les autres attributions relèvent d’avantage du culte Lucumi en particulier la présence de l’Orisha dans le processus de germination, la production de richesse.

Babalu Aye
Connu sous le nom de Omulu, Shonponno, Obaluaye, Saktapa, il est le dieu de la maladie Il est le fils de Yemaja et Orungan. Il est aussi le dieu de la guérison et l’eau fraiche l’apaise. Dans la santéria il est syncrétisé par Saint-Lazare. Dans la mythologie du Dahomey il est le dieu de la variole. Aujourd’hui il est invoqué pour guérir le Sida. Ses couleurs sont le Bleu, le brun, le blanc, et ses offrandes sont faites de riz, de blé, de maïs, d’ognon d’ail, du poisson fumé

Yemaja
Yemaja, Ymoja, lemanja nan Borocom, lemanja Bomi, lemanja Boci en Afrique, Yemanja, lemanja ou Janaina au Brésil, la Sirène à Haïti, Yemalla, ou Yemana aux dans le voodoo de la Nouvelle Orléans, cette déesse est la mère des déesses, patronne des femmes enceintes. Son nom signifierait en yoruba « mère dont les enfants sont comme des poissions ». Elle est représentée comme une vieille femme habillée de noir et mauve liée à la boue, les marécages et la terre.

Eshu
Aussi appelé Elegua ou Elegba il est un des plus important Orisha. Il est le protecteur des voyageurs, dieu des routes et particulièrement des carrefours. Il est le maître du hasard apportant fortune ou infortune. Il personnifie la mort en temps que passeur d’âme. Toute cérémonie doit commencer par une offrande à Eshu au risque de la rendre improductive. Eshu est un maître sévère mais juste.

Shango
Sango Xango Shango Chango Jakuta.Un des Orishas les plus populaire. Dieu du tonnerre et de l’éclair il aurait été le troisième ou quatrième roi du royaume d’Oyo déifié à sa mort.

Ogun
Dans la mythologie yoruba Ogun était à l’origine un chasseur appelé Tobe Ode. Il aurait été le premier Orisha à descendre dans le royaume terrestre pour y trouver une habitation convenable pour abriter la vie humaine. Pour cette action il fut appelé Oriki « premier des Orishas à être venu sur terre » Il a été l’objet des premiers cultes yoruba dans une lieu nommé Ekiti, et aurait été enseveli dans un endroit nommé Ire-Ekiti (mais sans mourir). Il peut être agressif, peut aussi diriger la tête des femmes et des hommes efféminé dont il est amateur. Il est aussi lié au sang et est consulté lors de maladie du sang. Il apparaît sous de nombreux noms Ogun Alara, Ogun Elemona …

Ochosi
Oxossi, ochossi Oshossi Osawsi.Dieu de la forêt, il est chasseur et chaman. Il est aussi le dieu de ceux qui travaillent avec les animaux.

Obatala
Oxala, Orixala, Orisainla.Dieu créateur il fit le corps humain auquel son père Olorun insuffla la vie. Olorun créa l’univers, Obatala le monde et Oduduwa l’humanité. Il est le propriétaire de toutes les têtes. Il a créé les handicapés et en est devenu le patron. Les personnes nées avec une déficience sont appelées « eni orisa » littéralement, peuple d’Obatala. Il est le dieu du nord et est habillé en blanc.

Oya
Oia, Lansa est la déesse du Niger. Elle est la déesse du l’éclair, la fertilité la magie, des ouragans des tornades et garde le monde souterrain. Son nom complet est Oya-Yansan

D’autres Orishas

Nana Buluku-Nana déesse de la création, mère du vieux ciel et de l’esprit des marécages elle est associée à la lune.
Olokun-Gardien des profondeurs océanes, des abîmes il est le patron de la diaspora africaine
Ochumare- Serpent arc-en-ciel,dieu du mouvement et de l’activité, gardien des enfants et du cordon ombilical
Oshun- Déesse des rivières, de l’amour, de la beauté de la fertilité, amoureuse de Shango et bien aimée d’Ogun.
Ibeji- Orisha des jumeaux sacrés
Ozain- Orisha de la foret il possède le saint liquide fait de diverses herbes. Il est le gardien des herbes et des médecines naturelles.
Erinle- Orisha de la médecine, de la guérison et de la moisson.




jeudi 27 juin 2013

Oduduwa : la révolution de la civilisation Yoruba

Oduduwa : la révolution de la civilisation Yoruba 

La civilisation Yoruba est probablement une de celles qui laissent le plus marques visibles aujourd’hui encore d’un génie, d’une vitalité culturelle, politique, administrative et religieuse anciens et enracinés en Afrique précoloniale. Tant et si bien que l’art souvent qualifié de réaliste d’Ilé-Ifé a alimenté des spéculations absconses sur son origine exogène à l’Afrique. Dans son ouvrage «L’Afrique noire précoloniale» Cheikh Anta Diop, suivant en cela les travaux de Olumide Lucas, avançait que ce peuple avait séjourné dans l’antiquité en Egypte pharaonique, sur foi des nombreuses similitudes et identités de langues, de croyances, de coutumes, de culture matérielle, de noms de personnes, de choses ou d’objets.
Les origines [post-nilotique ?] de cette civilisation, selon plusieurs sources et hypothèses différentes sur la genèse et les migrations de ce peuple, renvoient au personnage de Oduduwa, au cœur de la fondation du royaume. Heriberto Feraudy Espino dresse une synthèse de l’histoire de ce peuple intitulée «Des Yorubas : Ses Origines», que l’on ré-intitulerait peut-être plus justement par «Des origines des Yorubas», publiée par le magazine culturel cubain Cubarte, qu’Afrikara diffuse après relecture et correction. Le texte de base ayant très probablement été écrit en espagnol puis traduit en français dans un second temps.
Au-delà des discussions et découpages historiographiques, une forte unité culturelle dans l’esprit des origines et des pratiques de pouvoir et de vivre-ensemble se dégage de ce texte. L’importance des questions de légitimité, de légalité, d’éthique du pouvoir et d’exigence dans la conduite des affaires publiques interpelle et pousse à la réflexion sur une vision africaine du politique, du sacré, du progrès.
Accompagné de ses collaborateurs ils ont dû abandonner la Mecque et entamer une longue et fatigante marche vers Ile-Ifé. Ils marchèrent pendant 90 journées et autant de nuits. Tout cela est arrivé après Mahomet.
Dans son intérêt pour ramener l´Islam aux religions préislamiques, Oduduwa, a fait transformer la grande mosquée de la ville en temple et d´un jour à l´autre, on l´a vu remplir des objets rituels, fabriqués par le prêtre Asara, qui avait un enfant nommé Braima, lequel croyait en l´Islam comme dans le jour de sa naissance. Pendant sa jeunesse, il se dédiait à vendre les fétiches de son père et comme il était un fanatique de l´Islam, il n´aimait pas du tout cette tâche.
Lorsque Braima annonçait ses articles il disait : «y t-il quelqu´un qui veuille acheter ces faussetés ? ».
Braima a grandi avec tant de haine dans son cœur que lorsqu´il a eu l´âge convenable il a détruit à coups de hache les dieux fabriqués par son père. La hache principale est restée accrochée au cou de l´idole principale qui avait une figure humaine.
Tout au début on ne savait pas qui avait été l´auteur de l´hérésie, mais on fit une enquête et finalement on découvrit l´iconoclaste. Questionné, il a dit : « demandez à cette idole ce qu´elle a fait ». Les interrogateurs lui demandèrent s´il pensait que l´idole pouvait parler et alors Braima répondit : «Pourquoi adorez-vous des choses qui ne parlent pas ? ».
Alors on recueillit du bois pour le bûcher et on apporta des casseroles d´huile pour les allumer. Braima fut brûlé pour son crime de profanation. La guerre civile éclata et les mahométans les plus puissants vainquirent les partisans de Oduduwa. Lamurudu fut assassiné et ses enfants et continuateurs chassés de la ville.
Selon les traditions citées par Samuel Johnson, dans son ouvrage History of Yoruba, une des grandes interrogations sur les Yorubas selon lesquelles ils viendraient d´un endroit au Nord qui pourrait être la Mecque, le Haut Egypte, la Nubie ou le Nil se trouverait résolue.
Selon la version de Johnson, Oduduwa et ses enfants ont déclaré une hostilité mortelle contre les Musulmans de leur pays et ont décidé de se venger, mais Oduduwa est mort à Ilé-Ifé avant d´être assez fort pour entreprendre une marche contre ses ennemis. Selon cette tradition, Okambi le fils aîné de Oduduwa, nommé Ideko Sedoake, est mort aussi à Ilé-Ifé laissant sept princes et princesses à partir desquels sont nées plusieurs tribus de la nation Yoruba.

Des Mythes et des Légendes sur Oduduwa


Une tradition du Bénin raconte que Oduduwa était un prince que l’on appelait Ekaladerhan, fils de Owodo, le dernier Ogiso, titre par lequel on désignait les dirigeants du Bénin, le nom d´un royaume enclavé dans les terres de Nigeria et qu´actuellement on nomme l´état de Bendel.
Ekaladerhan était le fils unique d´Owodo. On raconte qu´en conséquence des intrigues familiales, les épouses d´Owodo et lui s’étaient réunis et à la suite de longues discussions l’avaient convaincu que l´oracle exigeait qu’il tue son fils, sinon elles n´auraient plus d´enfants. On raconte qu´Ogiso médita longtemps et décida de ne pas tuer réellement son fils, mais de l’éloigner de la communauté.
Selon les habitants du Bénin, appelés à l´époque igodomigodos, le jour où Ekaladerhan abandonna la ville avec ses collaborateurs fut un jour pénible, angoissant, un jour froid, sans pluie ni soleil. Le peuple accueillit la nouvelle avec beaucoup d’émotion. Ils avaient pensé que peut être le prince Ekaladerhan pourrait succéder son père à la mort de celui-ci, sachant que à cette époque au moins 30 ogisos avaient renoncé au pouvoir pour cause de luttes de pouvoir et des conflits internes. Ils voyaient maintenant leurs plans frustrés et ils souffraient sous la férule d´un roi qui était en train de renier de son fils. Par désapprobation de l’attitude de l´Ogiso Owodo, le peuple prit la décision de le détrôner.
La légende raconte que cet événement fut suivi d´une longue période d´instabilité politique dans l´ancien Bénin.
De même les témoignages affirment que lorsque Ekaladerhan fut chassé par son père, il arriva à Ilé-Ifé avec ses accompagnateurs et le peuple de cet endroit, étonné, les regardait de façon oblique, sans pouvoir comprendre la langue qu´ils parlaient. On dit que Ekaladerhan après avoir marché un long chemin, suivi par des curieux, chercha un espace approprié et il s´assit, observé avec insistance par les regards surpris de ceux qui l´entouraient. Il commença à raconter sa triste histoire en langue bini méconnue des habitants d´Ilé.Ifé
Ceux qui parvinrent à le comprendre racontèrent par la suite que Ekaladerhan avait expliqué comment il avait été fidèle à son père qu´il admirait et respectait et que cependant, guidé par les intrigues et l´ignorance dans un acte d´injustice et de cruauté, ce dernier l´avait chassé de son royaume. Il ajouta que dans de telles circonstances, le prince était devenu un vagabond, sans gloire ni fortune.

On raconte en plus que de tous les mots prononcés par l´ancien prince, celui qui eut le plus grand impact sur les villageois d´Ilé Ifé fut Iduduwa. Chaque fois qu´on parlait avec lui on l´entendait dire ce mot. Avec le temps on apprit qu´il s´agissait d´un mot appartenant à la langue bini dont le sens était chagrin, affliction, remord, littéralement cela veut dire « je me suis heurté avec la fortune ». Les habitants d´Ilé-Ifé ont interprétèrent le vocable Iduduwa comme le nom de Ekaladerhan et changèrent sa prononciation, ils commencèrent à l´appeler Oduduwa.

La tradition dit qu´un jour arrivèrent à Ilé-Ifé plusieurs messagers des igodomigodos. Afin d´informer le prince de la mort de son père et de le supplier de retourner à son village natal pour assumer le trône. A ce moment Oduduwa avait installé son propre gouvernement, avait sa famille et il avait perdu en plus tout intérêt à revenir sur les lieux d´où il avait été expulsé. Pour cette raison il se refusa catégoriquement à agréer la demande des envoyés, qui insistèrent sur la nécessité de stopper le déclin des Ogisos. Ils lui parlèrent des temps de morts et de mauvaises récoltes, du règne de la méfiance installée partout ; ils lui promirent qu´ils allaient changer et qu´ils allaient garder l´unité d´Igodomigodo comme la prunelle des yeux de Dieu voit tout.
Oduduwa paraissait de ne pas les entendre. Tandis que les messagers parlaient il s´était maintenu tout le temps yeux fermés, plongé dans une sommeil tranquille. Tout d´un coup et comme s´il s´était réveillé d´une longue réflexion il cria : « D´accord ! » Je vous promets d´envoyer mon fils Oranyán et je vous assure qu´il saura gouverner aussi bien et même mieux que moi. Alors les messagers, les mines heureuses et solennelles, baissèrent leurs têtes et marmonnèrent : Qu’il soit ainsi, qu’il soit ainsi ! Et le vieux continua de parler :
«- Avant tout il faut me donner une preuve que vous mêmes et tous ceux qui sont restés à Igodomigodo sont devenus sérieux et responsables». Les messagers s´y engagèrent en leur nom et au nom des autres. Oduduwa fit une proposition. Il envoya 7 poux aux chefs de ce peuple afin de les faire soigner et de les faire revenir trois ans plus tard, s´ils étaient capables de les garder. Une fois écoulé le temps, les poux furent rendus sains et saufs, ils avait grandi et pris du poids et ils avaient même une meilleur coloration.
Oduduwa touché et impressionné par une telle attitude avait compris qu´un peuple qui avait été capable de garder avec tant de soins et avec ténacité 7 insectes insignifiants, pouvait mériter de recevoir son fils et il le leur envoya.

Pour les habitants du Bénin cette histoire qu´explique qu´on attribue à Oranyan la fondation de ce royaume et qu’il soit considéré comme le véritable et authentique roi d´Ilé-Ifé. D´après cette légende, Oranyán est arrivé au Bénin où il s´est marié. Il a eu un fils appelé Eweka et après avoir habité durant quelques années dans le palais d´Usuma, il est rentré dans Ilé-Ifé. On dit alors qu´Eweka est monté au trône du Bénin en tant qu´Eweka I. Cela est arrivé autour du 1200 de notre ère.
Parmi les récits connus sur Oduduwa certains qui relatent qu´il s´agissait d´une femme. Dans le livre Religion of the Yorubas, d´Olumide Lucas on dit qu´il agit d´une femme, l´épouse d´Obbatalá. Cet auteur arrive même à affirmer qu´il s´agit d´une déesse survivante d´une déité de l´ancien Egypte et que le nom Oduduwa peut être divisé en deux parties : Odu et Dua. Le mot Odu signifie « un chef », un grand personnage, tant que le mot Dua vient de l´ancien mot égyptien Dua-t qui signifie « l´autre monde ». C´est pourquoi Odu-Dua signifie le « chevalier de l´autre monde » ou la « maîtresse de l´autre monde ». L´auteur nous explique que le titre de chevalier de l´autre monde a été appliqué pour la première fois au dieu Ra et à Osiris et plus tard à d´autres déités de l´autre monde. Ce qui est vrai c´est que cette version d´Oduduwa en tant que femme est la moins crédible et inconsistante de toutes les existantes.

Une version à caractère historique nous présente Oduduwa appelé aussi Oodu ou Olofin en tant qu´un guerrier qu´affronte Obbatalá, le leader du peuple Igbo, basé à Ilé-Ifé. On spécule qu´Oduduwa a ordonné la rédaction d´une constitution pour le peuple d´Ilé-Ifé et la mise en place d´un gouvernement qui devait être dirigé par lui-même. Lorsque Obbatalá a appris cette décision s´est opposé catégoriquement, en disant qu´il possédait autant de mérites ou plus que Oduduwa. Dans le prolongement des conflits entre les deux leaders, Obbatalá n´a pas tardé à se soulever dans les collines Ifé et il a été suivi de son peuple. A la suite d´une bataille longue et acharnée Obbatalá a été vaincu par Oduduwa et ses hommes.

Un historien nigérien raconte qu´avant Oduduwa, il y avait 13 groupes de hameaux en Ilé-Ifé et celui appartenait à l´un d´eux. Chaque hameau avait un chef ou roi (oba) et ils gouvernaient par roulement.
Lors du règne d´Obbatalá, Oduduwa appartenait à un groupe qui habitait les collines de Oke Ora et c’est à partir de cet endroit qu’il l´affronta. Cette lutte a duré une génération et à la fin s´est imposé le groupe Oduduwa qui a remporté la victoire grâce à l´appui décisif d´une belle femme appelée Moremi.
Une tradition raconte que lorsqu le conflit a éclaté entre les deux groupes, Moremi, qui appartenait au groupe d´Oduduwa et qui, on suppose, a été sa femme, se demandait à maintes reprises quel était le secret des victoires obtenus par l´ennemi. Obsédée par cette idée on raconte que Moremi se serait rendue à côté de la rivière et elle promit aux dieux que si elle parvenait à deviner le secret d´Obbatalá, en tant que récompense elle sacrifierait son fils unique nommé Oluorogbo. Selon cette légende la belle Moremi s´est laissée prendre par les Igbos, les gens d´Obbatalá, et une fois dans le camp ennemi elle a pu savoir en quoi consistait la tactique de combat, dont le mystère consistait à couvrir les corps des soldats d´Obbatalá de feuilles afin de se déguiser en esprits. Ainsi chaque fois que les suiveurs d´Oduduwa voyaient ces feuilles vivantes en train de marcher, ils fuyaient sur le champ. Il y a aussi un récit selon lequel Moremi a pu connaître le secret parce qu´elle devint la maîtresse du roi des Igbos et gagna sa confiance. Moremi réussit à s’échapper avec le secret et elle révéla tout à Oduduwa. A partir de ce moment Oduduwa pu vaincre son ennemi. Moremi tint parole et sacrifia son fils dans la rivière Ezimirin.
A la suite de la victoire d´Oduduwa, il se dédia à la mise en place d’une monarchie bien organisée et il parvint à unir les 13 hameaux. Certains chercheurs affirment qu´après la mort d´Oduduwa les deux groupes se sont unis moyennant un accord dans lequel l´autorité politique était exercée par le groupe d´Oduduwa à travers un symbole, la couronne d´Are, tandis que les fidèles à Obbatalá obtinrent l´autorité religieuse. Obbatalá possède aussi une grande importance en tant qu´artiste chef et ont dit que pendant son règne le titre Obbatalá avait un caractère suprême parmi les Igbos et c´est à cette période que furent réalisés des chefs d´oeuvre d’art et d’artisanat.

Pour Abimbola, professeur et chercheur Yoruba reconnu, Président de l´Université d´Ilé-Ifé et auteur de plusieurs ouvrages sur les traditions et les croyances de ce peuple, ainsi que pour d´autres auteurs, Oduduwa a créé le gouvernement moderne ainsi que les institutions et les organisations qui ont donné son prestige à la nation Yoruba. Selon Abimbola, Oduduwa a été le premier Ooni ou Olofi. Il a eu plusieurs épouses, parmi lesquelles Olokun Seniade, Osara et Ojummo-Yanda. Pour certains il eut 7 enfants, pour d´autres 16.

Dans son ouvrage A History of West Africa 1000-1800, l’historien réputé Basil Davidson avance que l´un des enfants d´Oduduwa est devenu le premier Alafin d´Oyó, ainsi que le père du premier Oba du Bénin. Un autre de ses enfants a été le premier Onisabe de Sabe; on parle aussi d´une fille aînée qui fut la mère du premier Alaketu de Ketu à Dahomey, tandis qu´une autre de ses filles fut la mère du premier Olowu de Owu. Il serait mort aveugle à 150 ans.

Plus nous fouillons dans l´histoire Yoruba les coïncidences frappantes sur l´existence réelle d´Oduduwa apparaissent. Le Dr Atanda dans une étude intéressante à ce sujet a écrit ce qui suit: « Bien qu´Oduduwa ait été une immigrant ou un aventurier politique, sa présence a été un pilier dans l´histoire du peuple Yoruba. Ilé-Ifé a atteint sa gloire grâce à cet homme. Quelle qu’ait été son origine, la tradition est très claire sur le fait qu´il a lutté pour le pouvoir politique en terres Yoruba. Il a guidé le peuple d´Ifé à supporter et à écraser l´agression de quelques voisins puissants décidés à détruire le royaume naissant ».

Finalement on considère que la révolution d´Oduduwa a eu lieu entre la fin du 9eme siècle et le début du 10eme, à partir de laquelle émergèrent les autres royaumes et empires Yorubas.