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vendredi 6 octobre 2017

LA TERRE ET LE MONDE EN YORUBA


LA TERRE ET LE MONDE


LA NATURE



air afẹ́

arbre igi

argent fàdákà

bois pákó

branche ẹ̀ka igi, ipẹ̀ka

brouillard ìkúùkù

chaleur iṣù-iná, ìgbóná

ciel sánmà, ọ̀run

côte etí-òkún

couleur àwọ̀

désert ìyàngbẹ-ilẹ̀

eau omi

éclair ìmọ̀nàmọ́ná

étoile ìràwọ̀

fer irin

feu iná

feuille ewé, ewéko

fleur àdòdó, òdódó

fleuve isọ̀n-omi, odò

forêt igbó, aginjù

froid otútù

fumée eéfín

glace yìnyín

herbe pápá

île erékùṣú

inondation àgbàrá

lac adágùn odò

lumière ìtànná

lune òṣùpá

mer odò, òkun

monde ayé

montagne òkègíga

neige yìnyín, omi-dídì

nuage sánmà

ombre ibojì, ìji

or wúrà, ìṣùu góòlù

papier ìwé, tákàdá

pierre òkúta

plante ẹ̀gbìn, ohun ọ̀gbìn

pluie òjò

poussière erukutu, eruku

racine irìn

rocher àpáta

sable yanrìn, iyanrìn

soleil oòrún

tempête ìjì, èfúùfù

Terre ayé

terre iyẹ̀pẹ̀, erùpẹ̀ ilẹ́

vent afẹ́fẹ́

verre dígí

vendredi 19 août 2016

mercredi 8 juin 2016

SUR LA ROUTE DES ESCLAVES DU BÉNIN À HAÏTI




Pour tous ceux qui veulent comprendre Haïti et la richesse de son histoire, l’occasion d’un voyage au Bénin permet d’appréhender le sort des esclaves envoyés depuis le royaume de Dahomey (Bénin actuel) dans les Caraïbes, leur culture et les rites qui perdurèrent de l’autre côté de l’Atlantique, comme le vaudou. C’est attirée par cette Histoire que je posais mon sac à dos à Ouidah, sur la côte béninoise, à 40 km à l’ouest de Cotonou.


Nous étions au mois de juin et l’année scolaire touchant à sa fin, les cars d’écoliers affluaient de tout le pays pour les habituelles visites historiques. Ouidah, ville autrefois négrière, est une étape obligatoire sur leur parcours. Le musée d’histoire et la Route des esclaves, mise en valeur avec l’aide de l’Unesco, sont propices aux éclairages historiques, dans un profond silence tant le parcours est poignant.


La Route des esclaves débute par sur la place des enchères, où les hommes et les femmes étaient rassemblés pour être vendus ou échangés. Ce marché fut organisé par le puissant roi d’Abomey, le roi Ghézo, gourmand en marchandises proposées par les colons français, anglais et portugais. Quand les prisonniers et les ennemis ne suffirent plus à faire face à la demande, il fit capturer beaucoup d’hommes et de femmes dans son propre royaume.


En sortant de la ville, les hommes tournaient neuf fois et les femmes sept fois autour de l’Arbre de l’Oubli, symbolisant l’état amnésique des esclaves devant oublier leur passé pour devenir des êtres sans volonté, et donc sans aucune velléité de rébellion. La case de Zomaï était l’étape suivante, où les esclaves étaient enfermés dans d’effroyables conditions et dans un noir total. Zomaï signifie sans feu ni lumière. Cet enfermement était destiné à ne garder que les esclaves les plus robustes, afin de les préparer à la traversée dans les cales des bateaux.


Le mémorial Zounbodji se dresse sur l’ancien cimetière des esclaves, où étaient ensevelis ceux qui n’avaient pas résisté à ces mauvais traitements. Des ossements et chaînes découverts lors d’une fouille de l’Unesco en 1992 sont visibles au musée d’histoire de Ouidah.


Contrairement à l’Arbre de l’Oubli, l’Arbre du Retour est resté intact depuis le XVIIe siècle. Les esclaves devaient en faire trois fois le tour pour retrouver leur mémoire. Aujourd’hui, des danses des revenants se pratiquent régulièrement autour de cet arbre sacré.


Le long de la Route, des bas-reliefs en retracent les étapes, et témoignent également de la lutte pour l’indépendance et l’abolition de l’esclavage. Haïti y est mis en avant avec deux faits majeurs :


– le pacte de Bois-Caïman, pacte d’origine vaudou conclu par les esclaves révoltés qui menèrent l’insurrection contre l’armée de Napoléon, dont la lutte se solda par l’indépendance d’Haïti en 1804 ;


– L’arrestation de Toussaint Louverture par l’armée du Général Charles Leclerc, transféré au Fort de Joux dans le Jura où il mourra en 1803.



La Route se termine sur la plage de Djegbadji où les esclaves étaient embarqués dans les bateaux pour Haïti, mais aussi Cuba et le Brésil. 20% d’entre eux allaient mourir durant la traversée.

La Porte du Non-Retour a été érigée en 1992 pour témoigner de cette ultime étape. Des fétiches se dressent de part en part de la Porte afin d’accueillir les esprits revenus sur leur terre, symbolisant le lien qui demeure entre l’Afrique et les pays où les esclaves furent envoyés.


La notion de retour est très forte au Bénin, et ne concerne pas uniquement les âmes des ancêtres. En attestent les «Brésiliens», surnom des descendants d’esclaves affranchis revenus en Afrique dès le XVIIIe siècle qui forment une solide communauté.


A l’évocation de mes liens avec Haïti, tous m’expliquèrent que les Béninois étaient majoritairement pour un droit au retour des Haïtiens qu’ils considèrent comme «leurs frères».

jeudi 24 octobre 2013

YORUBA La divinité Oro à l'origine au benin


Le mythe raconte que Ogou, le dieu du fer avait demandé à sa sœur Oro, une divinité de sexe féminin et dieu du vent, de venir sur la terre pour offrir des sacrifices à Dieu, le créateur en colère, pour demander son indulgence et obtenir son pardon, après que des divinités qui vivaient toutes avec Dieu l'aient offensé.
 
Dans son voyage vers la terre, la légende révèle que Oro s'est mise toute nue, et a confié ses habits à une autre divinité qui l'accompagnait, à mi-chemin entre le ciel et la terre, afin de permettre au sacrifice de vite se propager aux quatre vents.
 
Etant venue sur la terre pour déposer le sacrifice composé de tous les fruits, les femmes qui ont vu toute nue Oro ont commencé par se moquer d'elle. La divinité a essuyé des coups de fouet, des jets de pierres. Confuse et couverte de honte pour sa nudité, le dieu du vent est allé se cacher dans une forêt. La divinité qui l'avait accompagné est retournée au ciel pour informer Ogou de la situation.
 
Ogou, dieu de la vengeance et de la justice descendit et tua toutes les femmes. Il bloqua le chemin aux hommes qui étaient allé aux champs, et leur réclama sa sœur. Les hommes répondirent qu'ils n'en sont pour rien. Mais ils tenaient à expliquer à Ogou qu'une dame est venue nue, et s'est cachée dans la forêt, suite à l'acharnement des femmes contre elle.
 
Arrivé à l'entrée de la forêt, Ogou l'appela. Oro refuse de sortir parce qu'elle était toute nue. Ogou l'a vêtu avec des branches de rameaux. «Repartons maintenant au ciel», ordonna Ogou. Oro s'obstina et choisit la forêt pour demeure, avec pour compagnons fidèles qui lui donneront à manger dans la forêt, les hommes. «A partir de ce jour, seuls les hommes sont autorisés à me suivre dans mes consécrations rituelles. Les femmes, pour avoir vu et ne pouvant pas se garder de me vilipender ne me verront plus. Quiconque d'entre elles commet ce déicide est voué à la mort», a censuré Oro.
 
Emue, la divinité Ogou prit la décision sur elle de rester sur la terre avec sa sœur Oro pour la venger. Raison pour laquelle, le dieu du fer cohabite avec sa sœur Oro dans la forêt.

La légende indique que cette situation a provoqué la descente sur la terre de plusieurs autres divinités pour qui Dieu a créé une atmosphère invivable, du fait de leurs offenses.

 

mercredi 5 juin 2013

UN CHEMINEMENT INITIATIQUE: LE FA AU BENIN

UN CHEMINEMENT INITIATIQUE: LE FA

    L'oracle FA ou IFA originaire d'Afrique de l'Ouest Yoruba a atteint le Bénin vers le 17ième siècle par l'intermédiaire du Nigéria. La ville d'Ifè au Nigéria reste pour tous les adeptes de cette voie évolutive le sanctuaire incontesté du FA. Au Togo, il est appelé Afa et au Nigéria Ifa. Le système de divination IFA a été ajouté en 2005 par l'UNESCO sur sa liste des "chefs-d'oeuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité".

    Le FA est à la fois science et divination, présidant au destin de l'homme. Il est un livre ouvert sur le passé, le présent et l'avenir, enseignant à l'homme ses liens profonds avec la nature, tout en lui dispensant grâce aux contes allégoriques liés à chaque arcane, une grande et très profonde sagesse existentielle. Le FA conduit le postulant des ténèbres à la lumière et fait de l'initié un homme régénéré, plus sûr de lui car ayant touché aux arcanes de son être profond. Le FA permet de retrouver la paix profonde et l'équilibre intérieur.

    Le Fa est certes une géomancie, une technique divinatoire, mais c'est là un aspect mineur des choses. Le FA est avant tout une voie de connaissance. La société secrète initiatique du FA entre dans la catégorie des sociétés authentiques et traditionnelles. Par le FA et à travers le FA, s'ouvrent à l'homme de nouvelles perspectives. Il peut sinon changer son destin ou du moins le modifier dans le sens du mieux, afin de mieux se connaître et de mieux s'assumer. L'initiation au FA conduit le candidat à mourir symboliquement et à renaître en initié. lisez la suite ici
http://egungunartculture.blogspot.com/p/photos.html

mardi 21 mai 2013

Les danses du Bénin

Département de l'Atacora

Tipinti :
Le Tipinti est une danse que l'on exécute lors des réjouissances populaires. Les danseurs s'habillent en petite jupe faite de perles et portent à la cheville une ceinture de grelots.
Cette danse s'exécute aussi bien par les hommes que par les femmes.

Kétékpé :
Le Kétékpé se danse dans la région de Bassila au clair de lune par les jeunes des deux sexes ou au cours des manifestations populaires.

Goumbé :

Le Goumbé est une danse qui requiert beaucoup d'énergie car elle s'exécute avec force. Elle se pratique au cours des manifestations populaires et à toutes les occasions de réjouissance.

Département de l'Atlantique

Kpanouhoun :
Exécutée un peu partout à travers le Bénin, elle est plus répandue dans le Département de l'Atlantique. Elle sert à animer les remises de dot, de diplôme, les mariages etc.

Ogbon :
Danse populaire exécutée aussi bien au cours des réjouissances que des cérémonies funéraires. Elle couvre tout l'Atlantique mais se rencontre aussi dans d'autres villes et villages du Bénin. C'est une danse attribuée aux revenants dit "Egoungoun".

Sakpata, Gambada, Hèbiosso et Atigali :
Ces danses ne se pratiquent que lors de manifestations particulières et ne sont réservées qu'aux initiés.

La Danse du Nord Borgou :

Tèkè :
Elle est aussi appelée danse du bâton, car exécutée bâton en main. Le son obtenu par deux bâtons qui se tapent fait l'originalité de cette danse. Le danseur habillé soit en "chaya" soit en jupe confectionnée avec plusieurs pagnes pliés a la tête enturbannée.

Sinsinnou :
Le Sinsinnou est un genre de Tèkè mais s'exécute très lentement.

Kiaro, Danse des chasseurs, Danse des chevaux :
Ce sont aussi des danses du Borgou qui se pratiquent lors de la "Gani".

Les danses du Mono:

Agbadja, Atchanhoun, Avogan : Ce sont des danses du Mono qui se ressemblent. Elles s'exécutent lors des réjouissances populaires et après les récoltes.

Avizinli :
Elle anime les veillées funèbres, et ne se joue que la nuit.

Gambada, Djaguidi, Cocoussi :
Ce sont des danses diaboliques et très brutales. Elles sont réservées aux initiés.

Les danses de l'Ouème :

Adjogan : Danse princière de l'Ouémé s'exécute par les princesses au cours des réjouissances au palais royal. Les danseuses ne portent pas d'habit, mais attachent le pagne jusqu'à la poitrine et tiennent un bâton en fer tout au long duquel elles font bouger de petits disques métalliques.
Kaka : A la fois danse de réjouissance et danse rituelle, le kaka s'exécute avec des morceaux de bambou que l'on tape l'un contre l'autre pour obtenir le rythme. Le danseur est en même temps le joueur de l'insrument de musique qu'est le bambou.

Djanhoun :
Les danseurs sont assis sur de petits tabourets en bambou qu'ils déplacent au rythme du tam-tam. Cette danse s'exécute lors des animations de tous genres.

Sato :
Cette danse ne s'exécute que par des orphelins de père et de mère. Les danseurs tournent autour d'un grand tam-tam qui dépasse la hauteur de l'homme et essaient de le taper en sautant avec un baton recourbé. On ne le danse qu'au cours des manifestations funêbres.

Djèkè et Gogo :
Ces deux danses s'exécutent surtout le jour de l'Epiphanie.

Gangan et Akpala :
Danses exécutées surtout par l'ethnie Yoruba.


Les danses du Zou :

Zinli, Zato et Houngan :
Se dansent dans les mêmes circonstances que le Avizinli du Mono. 

Akonhoun et Atcha :

Se danse par les princesses d'abomey. Pour ce faire, elle nous le pagne à la poitrine et portent une multitude de perle (selon leur capacité) autour du cou et au poignet. Elles se tatouent la poitrine, le cou et le dos à l'aide de kaolin. Cette danse requiert une grande souplesse du corps.

Toba et Tchinkounmè :
Ces danses s'exécutent au son d'une musique donnée par des calebasses renversées dans un seau d'eau. 

Goumbé :
C'est une danse rapide, nécessitant beaucoup d'énergie



mercredi 10 avril 2013

INITIATION AU VODOUN

Le Vaudou
Le vaudou est une religion qui tire ses racines d’Afrique, plus précisément du polythéisme Fon et Yoruba pratiqué dans le golfe du Bénin, à cela s’ajoutent des cultes dahoméens. Les nombreux esclaves d’Haïti s’accommodèrent par obligation du mélange de ces divers rites, moitié religieux, moitié magique. Le nom de vaudou, symboliquement, représente un être surnaturel et tout puissant, l’imagerie en est un serpent non venimeux, à qui l’on attribue le don de prédire l’avenir. Les croyances vaudou se basent sur une généalogie des Dieux, leurs relations mutuelles, leurs fonctions, leurs classifications, à cela s’ajoutent des rites qu’utilisent les prêtres appelés houngan et bokô, rites destinés à honorer les loas, qui représentent des divinités, des génies et des esprits ancestraux que le vaudouisant vénère au cours de la cérémonie. Les loas dont les manifestations peuvent aller jusqu’à la possession se manifestent à différentes occasions, qui vont du choc émotionnel, des bombances, des noces, d’un deuil, des danses et des cérémonies présidés par un houngan.
Avec la traite negriere, la culture vaudou s’est étendue à l’Amérique et aux îles des Caraïbes, notamment Haïti. Elle se caractérise par les rites d’ « incorporation » (possession volontaire et provisoire par les esprits), les sacrifices d’animaux, la croyance aux morts vivants (zombies) et dans la possibilité de leur création artificielle, ainsi que la pratique de la sorcellerie sur des poupées à épingles (poupée vodoun).

 Les dieux
Mawu est le Dieu suprême qui règne sur les autres dieux. Mawu n’ayant pas de forme, il n’est donc jamais représenté, ni en peinture ni associé à des objets, comme le sont les autres vaudous. Mawu est le créateur de tous les autres Vaudous. Mawu n’intervient pas dans la vie des hommes. Il aurait créé les autres Vaudous pour qu’ils soient en relation avec les hommes et le monde. « Mawu » ne fait pas partie à proprement parler du panthéon vaudou; c’est un concept, une entité plutôt qu’une personne; littéralement Mawu doit se traduire par « l’inaccessible ». Ce qui explique qu’il n’y a nulle part dans l’aire du vaudou un culte pour Mawu ; on ne fait que le remercier, le glorifier. On le dit bienveillant envers toutes les créatures.
Le panthéon vaudou est fait d’une multitude de Lwas, qui sont des esprits, des divinités inférieures, pouvant entrer en communication et même collaborer avec les humains. Les Lwas se matérialisent le plus souvent dans des objets inanimés de la nature, tel des pierres et des arbres; c’est pourquoi on qualifie le vaudou de religion animiste.

Culte et pratiques vaudou en Afrique
Le Vodoun a ses origines au Bénin. Mais beaucoup de ses pratiques se sont répandues dans d’autres parties du monde. Cette situation découle de la traite négrière à Ouidah, berceau du Vodoun, qui était l’un des plus grands ports de l’Afrique de l’Ouest où transitaient presque tous les esclaves embarqués pour les Amériques. Ainsi, beaucoup de croyances traditionnelles du Bénin se retrouvent actuellement parmi les populations des Iles Caraïbes (Cuba, Haïti), au Brésil et d’autres parties de l’Amérique du Sud. Donc les adeptes de Vodoun qui se trouvent dans ces différents coins du monde ont leurs racines au Bénin.
Les vaudous pratiqués en dehors du continent Africain sont souvent des variantes et des restes de la religion d’origine. En effet, les esclaves interdits de pratiquer leurs langues et cultes n’ont réussi à conserver qu’une infime partie de leur patrimoine culturel.
La brutalité subie par les esclaves pour créer un climat constant « d’état de choc » chez les captifs est sans doute à l’origine de cette utilisation souvent de « terreur » et de vengeance du vaudou que l’on retrouve chez les pratiquants descendants d’esclaves, qui utilisèrent cette religion en réponse à des actes d’une cruauté difficilement concevable, commis par leurs maitres européens.


La fête du Vodoun
En 1992, dans la ville de Ouidah (berceau du Vodoun au Bénin) s’était tenue une grande manifestation de Vodoun (Ouidah 92) qui a été considérée comme un retour à la source. Fort de cette réussite, le gouvernement béninois, sous le président Nicéphore Dieudonné Soglo, a décrété le 10 janvier la journée du Vodoun. Au Bénin, les populations accordent une très grande importance à la spiritualité, qu’elle soit traditionnelle ou moderne. Le Bénin est considéré comme le berceau du Vodoun et plus de 80% de sa population pratique cette religion traditionnelle que certains appellent également Animisme. Ces pratiques constituent l’identité première des peuples africains en général et singulièrement des peuples béninois. Depuis quelques années, la journée du 10 janvier est consacrée aux dieux Vodoun.


Le déroulement des cérémonies Vodoun et initiation
C’est à travers les rituels, les incantations, la transe, les chants et danses, que les adeptes établissent le contact avec les divinités et les esprits des ancêtres. Il est primordial de consulter l’oracle (le message de la divinité) grâce au Fâ. Un dignitaire du vodou procède à cette consultation impérative avant toute cérémonie. Il se sert d’une sorte de chapelet fait avec des noyaux de pomme locale ou d’un ensemble hétéroclite composé de vertèbres d’animaux, de coquillages et de noyaux. Il faut alors exécuter à la lettre les prédictions afin de bénéficier de l’assistance et de la protection des divinités. Il est répertorié près de trois cents divinités dont les principales sont entre autres :

Lègba : il est matérialisé par une motte de terre plus ou moins géante érigée souvent à l’entrée des villages, des maisons ou au cœur des marchés. Il est censé apporter protection, paix et prospérité, il peut également punir.

Xêvioso : c’est une divinité du ciel qui se manifeste par la foudre. Symbolisé par une double hache, il est le dieu justicier qui châtie les voleurs, les menteurs, les malfaiteurs.

« Sakpata »: encore appelé la terre, il est très craint et les gens n’osent pas prononcer son nom. C’est la divinité qui propage la variole.

Dan : c’est le serpent. Il se manifeste à travers l’arc-en-ciel. Il peut aussi se présenter sous forme d’un homme et combler de richesses ceux qui l’accueillent bien.

Gou : c’est la divinité des forgerons, des chasseurs ou de tous ceux qui manipulent le fer ou les armes en fer. C’est un dieu représenté par un amas de ferrailles. Il protège mais il peut punir également par des accidents sanglants.

Chacune de ces divinités a des adeptes initiés qui leurs font périodiquement les cérémonies idoines. Qu’on soit croyant ou non, le vodou reste une réalité culturelle forte dans laquelle on naît et avec laquelle on vit au Bénin et dans certains pays africains. Le champ du vaudou reste encore aujourd’hui très vaste, ésotérique et complexe. Et le mystère est bien entretenu au sein des couvents et forêts sacrées où l’héritage est légué au fil des générations à travers une tradition orale.

Le rituel de sacrifice
Le rituel du sacrifice commence par des incantations qui sont accomplis dans le temple par les prêtes traditionnels. Ensuite, il y a des incantations, qui sont murmurées à l’oreille de la bête pour la calmer et la bénir. (Voir exemple ci-dessous avec le bœuf).

Et puis, vient le moment où l’on coupera le cou de la bête. Les prêtres traditionnels récoltent alors le sang qui s’écoule de la carotide et ils en aspergent l’autel. Pour les petits animaux, ils les vident de leur sang directement au-dessus de l’autel.


Pour le veau, ils récupèrent d’abord le sang dans une bassine vide et ensuite on verse la bassine sur l’autel. Le sang des animaux est utilisé pour nourrir les divinités (ou leurs ancêtres, dans d’autres cérémonies). Il est également possible de verser des boissons sur les autels : bière, alcool de palme, jus de fruits… et de la nourriture comme du riz, du maïs etc.

Suite à la cérémonie, la chaire restante sera cuisinée, et les gens se la partageront au cours d’une grande fête qui suivra le rituel de sacrifice. Bref, c’est un moment de convivialité et de communion entre tous les villageois
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