mercredi 12 décembre 2018

Disney développe son premier film de conte Yoruba

Disney développe son premier film de conte de fées dirigé par des africains étoilé par shadé, une princesse yoruba .
Oui Lorsqu’on pense aux princesses de Disney , Belle, Jasmine, Ariel, Rapunzel, Cendrillon et bien d’autres nous viennent spontanément à l’esprit. Toutes ces princesses que nous avons vues grandir étaient formidables et magiques, cependant, nous n’avons jamais eu de princesse en laquelle les petites filles africaines pouvaient s’identifier.
Eh bien, grâce au succès de la Black Panther de Marvel , Hollywood va régler ce problème, car Disney a acquis un pitch pour un film de conte de fées sur une princesse africaine, Shadé
D’après le synopsis publié par Deadline Shadé est :
« Une jeune fille africaine qui, lorsque son royaume est menacé par une force maléfique mystérieuse, accepte ses pouvoirs magiques de guerrière nouvellement découverts pour se protéger et protéger son peuple.
Avec l’aide du prince du royaume, Shadé se lance dans une aventure qui lui permettra d’embrasser ce qui la rend spéciale et de sauver le royaume. « Le film sera écrit par le scénariste Ola Shokunbi et produit par le réalisateur de Dope , Rick Famuyiwa . On a hâte d’en savoir plus! . 
 Facebook : Omo Yoruba

vendredi 5 janvier 2018

Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo

Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo 



La dense forêt sacrée d’Osun, à la périphérie de la ville d’Oshogbo, est l’une des dernières zones de la forêt primaire qui subsiste au sud du Nigéria. Elle est considérée comme la demeure d’Osun, une des divinités du panthéon yoruba. La forêt, sillonnée par la rivière Osun, abrite des sanctuaires, des sculptures et des œuvres d’art érigés en l’honneur d’Osun et d’autres divinités yorubas. La forêt, désormais considérée par tout le peuple yoruba comme un symbole identitaire, est probablement la dernière forêt sacrée de la culture yoruba. Elle témoigne de la coutume, jadis très répandue, qui consistait à établir des lieux sacrés loin de toute habitation humaine.
Brève synthèse 
Il y a un siècle, les bois sacrés abondaient sur les terres des Yorubas : chaque ville avait le sien. À l’heure actuelle, la plupart sont délaissés, ou leur superficie a beaucoup diminué. Mais à 250 kilomètres de Lagos, au cœur d’Oshogbo, capitale de l’État d’Osun fondé il y a quatre siècles dans le sud-ouest du Nigéria, la plus grande forêt sacrée qui ait survécu au passage du temps, Osun-Oshogbo, est encore vénérée de nos jours.
Dense, la Forêt sacrée d’Osun est l’une des dernières futaies primaires qui subsistent dans le sud du Nigéria. En son cœur sinuent les méandres de l’Osun, la rivière qui porte le nom de la divinité des cours d’eau, dont elle est la demeure spirituelle. Sous la frondaison, 40 sanctuaires, sculptures et œuvres d’art ont été érigés en l’honneur d’Osun et d’autres divinités yorubas, pour nombre d’entre eux au cours des quatre dernières décennies : on recense deux palais, cinq lieux saints et neuf lieux de culte disposés tout au long des rives de l’Osun, tous avec leurs prêtres ou prêtresses attitrés.
Les nouveaux ouvrages d’art installés dans la Forêt d’Oshogbo en sont la marque distinctive : elle est la seule à abriter une forte proportion de sculptures du XXe siècle, érigées pour renforcer les liens entre les hommes et le panthéon yoruba et témoigner de la manière dont les villes yorubas ont été édifiées et se sont développées au contact des esprits de la forêt.
La restauration de la Forêt par des artistes lui a conféré un regain d’importance : elle est devenue sacrée pour tous les Yorubas qui vivent au Nigéria, et un symbole de son identité pour la diaspora yoruba.
La Forêt est un site religieux dynamique, où le culte est exercé au gré de célébrations quotidiennes, hebdomadaires ou mensuelles, selon le cas. En outre, chaque année, durant 12 jours de juillet et d’août, des processions festives s’y déroulent, qui renouent les liens mystiques entre la déesse et la population d’Oshogbo, assurant la préservation des traditions culturelles vivantes des Yorubas.



La Forêt est aussi un herbier naturel où sont présentes plus de 400 espèces de plantes, parmi lesquelles des variétés locales, dont plus de 200 possèdent des propriétés médicinales.
Critère (ii) : Le développement du mouvement du Nouvel Art sacré et l’intégration de Suzanne Wenger, artiste autrichienne, à la communauté yoruba, ont constitué un terrain fécond pour les échanges d’idées, qui ont revitalisé la Forêt sacrée d’Osun.
Critère (iii) : La Forêt sacrée d’Osun donne l’aperçu le plus complet – et c’est peut-être aussi le seul qui subsiste – d’un phénomène jadis généralisé, qui était caractéristique de chaque établissement humain des Yorubas. Elle est aujourd’hui l’emblème des forêts sacrées yorubas et une illustration de l’appréhension de l’univers par ce peuple.
Critère (vi) : La forêt d’Osun est l’expression tangible de la manière dont les Yorubas avaient systématisé leur perception du divin et de l’universel; le festival qui s’y tient chaque année est la traduction de la croyance yoruba en ce lien qui unit le peuple, son souverain et la déesse Osun. C’est une tradition vivante, florissante et toujours en évolution.
Intégrité
Le site englobe la presque totalité de la Forêt sacrée et on peut considérer qu’il a été entièrement restauré au cours des 40 ans qui ont précédé son inscription sur la Liste. Certaines des sculptures récentes pâtissent d’une absence d’entretien régulier; compte tenu des matériaux dont elles sont constituées (ciment, fer et boue), des problèmes de conservation sont à craindre, qui pourraient se révéler difficiles et coûteux à régler.
La Forêt est également vulnérable au trop grand nombre de visiteurs et aux pressions qu’ils exercent, susceptibles de fragiliser l’équilibre entre la configuration naturelle et la population, nécessaire pour préserver au site ses qualités spirituelles.
Authenticité
L’authenticité de la forêt est attestée par sa valeur en tant que lieu saint. Mais le caractère sacré d’un endroit ne peut être continuellement réaffirmé que s’il est respecté par tous et, de fait, les nouvelles sculptures apparues dans la forêt au fil des 40 dernières années ont eu pour conséquence la consolidation de ses vertus spécifiques et la renaissance des qualités spirituelles qui lui confèrent toute sa valeur culturelle.
Mais ces nouvelles œuvres s’inscrivent dans une longue tradition, encore vivace, de sculptures qui donnent à voir la conception que les Yorubas ont de l’univers. Bien que leur modelé traduise une rupture stylistique, elles n’ont pas été créées pour glorifier les artistes qui en sont les auteurs mais plutôt, de par leur taille gigantesque et leurs formes intimidantes, pour réaffirmer le caractère sacré de la forêt. Ces nouvelles sculptures ont atteint leur but et la Forêt, en tant que lieu sacré pour les Yorubas, revêt désormais une signification qui n’est plus seulement locale, mais de portée plus vaste.
Eléments requis en matière de protection et de gestion
C’est en 1965 que la Forêt a été déclarée monument national. Cette désignation initiale a été modifiée et étendue en 1992 pour que soit assurée la protection de la totalité de ses 75 hectares. La Politique culturelle nigériane de 1988 dispose que « l’État doit préserver comme des monuments les anciens remparts et portes, sites, palais, sanctuaires et bâtiments publics, et promouvoir les bâtiments d’importance historique et les sculptures monumentales ». Dans le Land Use Act de 1990, le Gouvernement fédéral du Nigeria a placé la Forêt sous tutelle administrative du Gouvernement de l’État d’Osun.
Un plan de gestion élaboré a été adopté par l’ensemble des parties prenantes, qui couvrait la période 2004-2009, et le site bénéficie aujourd’hui d’un système de gestion participatif. Le Gouvernement fédéral administre le site par l’entremise d’un responsable de la Commission nationale des musées et des monuments, aux termes du décret 77 de 1979. Le Gouvernement de l’État d’Osun contribue à parts égales à la protection et à la gestion du site par le truchement des gouvernements locaux, ministères et entités para-étatiques placés sous son autorité, qu’il a habilités à gérer les monuments situés sur le territoire relevant de sa compétence.
C’est à l’Ataoja (roi) et à son Conseil du patrimoine culturel d’Oshogbo qu’il revient de s’acquitter des responsabilités traditionnelles et des rites culturels de la communauté. Pour protéger le site contre toutes sortes de menaces, les lois, les mythes, les tabous et les coutumes séculaires qui interdisent la pêche, la chasse, la contrebande, l’abattage des arbres et l’agriculture sont invoqués sans relâche.
Les fidèles qui exercent les cultes traditionnels avec ferveur préservent le patrimoine immatériel par leur spiritualité, leur dévotion et l’usage qu’ils font des symboles. De leur côté, les membres du comité de gestion – responsables représentatifs de l’ensemble des parties prenantes – exécutent des politiques, mesures et activités propres à assurer le développement durable du site.
La Forêt sacrée d’Osun-Oshogbo est également incluse dans le Plan directeur pour le développement du tourisme national, conçu avec l’Organisation mondiale du tourisme (OMT) et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). Le festival annuel d’Osun-Oshogbo devra être mieux géré, de sorte que pendant son déroulement, le site ne subisse plus les incidences négatives du tourisme.
La Forêt servira de modèle pour la préservation du patrimoine africain : en effet, il ne s’agit pas de sauvegarder les valeurs matérielles et immatérielles d’un seul groupe de population – celle d’Oshogbo – mais celles de tous les Yorubas. Source de fierté pour eux, la Forêt restera un élément vivant et florissant du patrimoine national, grâce aux ouvrages traditionnels distinctifs qu’elle abrite, mais aussi parce qu’elle est le lieu d’une transmission fidèle des fondements de la religion traditionnelle et des systèmes de savoirs autochtones aux Africains de la diaspora.